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28/03/2007

Ce cerisier inutile mais non pas absurde

medium_Cerisier2.jpgIl paraît que les plantes à fleurs s'embellissent pour attirer les insectes  pollinisateurs. Qui peut croire cette fable ?  Ce ne serait de toutes fàçons qu'un sous-produit de cette beauté. Je reste persuadé que la question du pourquoi de la beauté n'est pas la bonne question.  Et les réponses en terme d'utilité de la  beauté des fleurs sont des fausses réponses à des fausses questions

Ce cerisier c'est la différence entre une résidence et une cité. Les cités portent souvent des noms de fleurs et d'une beauté qui en est exclue.

On peut imaginer un monde uniquement fonctionnel, sans aucune beauté. Mais serait-il vivable ?  Je n'en suis pas si sûr et je n'ai pas envie de l'essayer.

J'ai pris ces photos le 16 mars dernier. Depuis je tourne autour de ces questions sans pouvoir y apporter de réponses. Je ne sais pas penser autrement qu'en pourquoi,  à quoi ça me sert, et quelle est la fonction de cette beauté. Je suis complètement persuadé qu'elle est gratuite, et que pour autant elle n'est pas vide. Je n'ai toujours pas trouvé la bonne question ni la bonne réponse. Il faut probablement se contenter de la contempler, mais ma formation d'occidental ne m'y engage pas. Vieillissons donc encore un peu, puisque naguère, cette beauté m'était presque invisible. 

  En attendant, voici quelques images de ce voisin cerisier

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23/03/2007

De Debian à Solaris

medium_100px-Debian.jpgIan Murdock est à l'origine de la distribution Debian, ainsi nommée du nom de nom de sa femme Debra et de lui-même Ian. Il vient de rejoindre Sun avec le titre de "Chief Operating Platforms". Il va s'occuper de promouvoir Solaris et de lui faire bénéficier de ses 15 ans de travail dans une des planètes de la galaxie Linux.

Il explique dans son blog comment les évolutions de Sun intégrant d'autres architectures hardware (X86) et le basculement en OpenSource de son offre logicielle l'ont décidé à accepter ce poste.

 "Solaris needs to close the usability gap with Linux to be competitive", affirme-t-il. On pourrait rajouter que Linux a le même genre de gap avec Windows.

Il n'y a pas si longtemps que ça, où j'installais encore des systèmes sous Solaris. Et l'on avait régulièrement la question de l'équivalent de SMIT (System Management Interface Tool) sous AIX-IBM , ou de SAM ( System Administration Manager) chez HP. Ben, chez Sun, on fait (faisait) tout en vi ou en ligne de commandes.

medium_Solaris.2.jpgUne interface de management ne coûte pas grand-chose à développer. Ce n'est qu'un habillage par menu de la ligne de commandes.  A l'époque, j'avais plusieurs fois fait des demandes pour que ces clients habitués à travailler avec ce type d'outillage disposent d'un équivalent sous Solaris. Quand on me répondait, c'est toujours pour affirmer qu'il n'y avait pas de vrai besoin et qu'il fallait plutôt encourager les clients à suivre nos formations d'administration Unix. 

Solaris tourne sur des gros serveurs, mais aussi sur PC. L'arrivée de Ian Murdock va sans doute  permettre à Sun de se rapprocher des utilisateurs plus "grand public".

20/03/2007

Français Votez pour moi

Difficile en ce moment d'échapper aux émissions politiques. C'est ainsi qu'hier soir je me retrouve, un peu par hasard, au milieu de "Français votez pour moi" .

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Un court reportage était consacré aux fonds d'investissement à travers l'exemple de Monsieur Gilles Roland. Monsieur Gilles Roland est le Président Fondateur de Fin'Active, un fond d'investissement spécialisé dans l'achat, le redressement et la revente d'entreprises en difficulté. A suivre ce reportage, pas de doute sur la victime désignée de cette soirée. Tout accuse Monsieur Gilles Roland comme le "salaud" de service qui dépèce les entreprises pour en sucer le sang au plus vite avant de tout revendre avec une belle plus-value au passage.  Mais Monsieur Roland était là, et jamais je n'ai été aussi frappé par le déplacement des certitudes.

Il y avait aussi Marie-Georges Buffet dont le Parti fut naguère le représentant et le seul interprète autorisé d'autres certitudes. Ah ! la belle époque où l'on était certain du sens de l'histoire, où l'on pouvait décrypter le dessous des cartes avec cette bonne vieille grille de lecture hegelo-marxiste. Comme il était simple d'interpréter les guerres à la lumière des conflits d'intérêts capitalistes. Tout était clair alors, pourvu que l'on ait le bon code et les bonnes clés de déchiffrement des contradictions du capitalisme. Certes on se vivait exploité, mais avec la certitude d'être dans le sens d'une inéluctable Histoire qui verrait un jour le triomphe de ses idées, avec la certitude de faire partie de cette avant-garde qui avait les moyens de comprendre et d'agir, pour accélérer le mouvement vers la libération révolutionnaire. Le vrai pouvoir finirait par revenir aux mains des travailleurs, l'avenir était, sinon radieux, en tous cas écrit et de toutes façons meilleur que le passé et le présent.

Mais non, Madame Buffet représente un parti qui n'ose même plus dire son nom. Et c'est toute intimidée qu'elle interrogea Monsieur Roland sur le rôle de l'entreprise et si vraiment il n'y avait pas moyen de traiter les salariés (on n'ose plus parler de travailleur) comme une "variable d'ajustement".

Les certitudes ont changé de camp.  C'est en effet mon métier répond tranquillement Monsieur Gilles Roland. J'investis dans des entreprises en difficulté, je prends donc des risques et j'en attends un retour légitime  en terme de bénéfices.

- Mais vous détruisez de l'emploi au passage. C'est toujours l'emploi qui est la variable d'ajustement.

- Je peux en supprimer à court terme et en créer à long terme, mais de toutes façons ces entreprises étaient condamnées et je les sauve de la disparition.

On comprend bien que le monde de Monsieur Roland est un monde où le travail salarié est une charge comme une autre. Ni plus ni moins importante qu'une autre, mais sans aucune connotation sentimentale.

Ce n'est tout simplement pas le sujet, ni le métier de Monsieur Roland.

Le dialogue s'arrête là. Mais quel contraste entre cette tranquille assurance de Monsieur Gilles Roland qui a les clés et le pouvoir permettant d'agir sur notre économie capitaliste et le désarroi des anciens maîtres de LA solution qui ne peuvent plus que faire appel à la compassion, faute d'outils d'analyse et d'action sur un monde qui leur échappe. C'est bien le drame de la gauche "alternative". Elle n'a plus pour programme que d'interdire les licenciements et de revenir à un équilibre capital/travail des années 70. L'avenir de l'extrême gauche est dans le retour aux années Giscard ! C'est dire sa défaite totale dans la bataille des idées. La gauche n'a jamais eu le pouvoir économique, elle a parfois eu le pouvoir politique et pendant très longtemps elle avait le monopole du pouvoir culturel. Elle a tout perdu, et elle n'a  même pas le début d'une proposition alternative. Ce n'est une bonne nouvelle pour personne. 

15/03/2007

Google fait un pas vers plus de confidentialité

Eh bien voilà. Enfin ! Google va effacer régulièrement de ses bases de données des informations personnelles permettant de nous identifier.

Dorénavant, nous conserverons les informations sur les utilisateurs pendant 18 à 24 mois, alors que jusque-là nous les conservions indéfiniment.

Il anticipe ainsi des réglements européens et des recours d'organismes comme la CNIL.

La bonne nouvelle, c'est que Google prend en compte une partie des demandes de confidentialité, car enfin 18 mois ce n'est pas rien. Ce qui me stupéfie est le peu d'écho que soulève cette nouvelle. J'ai eu beau chercher, je ne trouve que les medias "anciens" comme le Figaro, les Echos ou le Nouvel Obs pour le signaler. Pas un blog pour en parler. Je dois être le premier, ce qui ne m'arrive jamais et ce que je ne recherche pas particulièrement. Je n'arrive pas à comprendre cette indifférence d'une population par ailleurs si attachée à son indépendance.

Si quelqu'un peut m'expliquer...

14/03/2007

Les parkings votent Bayrou. Pas moi

Ah, ces déplacements en province. Les levers à 5h30 pour l'avion ou le train du matin et le retour tard quand les enfants dorment déjà.  Le plus dur de la journée c'est le parking. Encore engourdi à 7h du matin, arriver dans celui de la Gare du Nord et cette odeur d'urine mêlée au gaz d'échappement. Vous qui débarquez de l'Eurostar, Welcome in France. Hier j'étais en déplacement à Lille, TGV de 7h28. Quel miracle ! Dans le parking Vinci de la Gare du Nord, on diffuse des enregistrements d'oiseaux. Voilà qui me rappelle ce disque 45 tours de mon enfance qui nous faisait passer une journée avec leurs chants, depuis l'alouette du matin jusqu'au rossignol du soir. L'aigle trompette, l'alouette turlute et la cigogne craquette. Le commentaire un peu pédant de ce vieux disque me revient pendant que je traverse le parking. Autre miracle, l'odeur a disparu et ça sent  le printemps. C'est la campagne idéalisée telle qu'on nous la diffuse, que l'on entend et que l'on sent dans les parkings de la Gare du Nord. 

De retour le soir, c'est la queue habituelle ! Seule la caisse du milieu fonctionne et permet de payer son tribut, 22 Euros  la journée. Dans le parking, les mêmes chants vous  accueillent. L'enregistrement a dû tourner en boucle toute la journée pour saluer ce printemps précoce. Soudain, couvrant les oiseaux : ding dong, les cloches du village. Le message, est là, évident, c'est la force tranquille qui revient encore dans cette campagne. Même les parkings votent pour lui. Ce paysage bucolique, ce clocher, cet homme enraciné dans sa terre, le plus rural de nos candidats, aujourd'hui c'est Bayrou évidemment. Je l'annonçais déjà le 15 décembre !!  il a le meilleur slogan  "Nombreux sont ceux qui disent : nous aimons la France de toutes nos forces. Aujourd'hui elle a besoin de toutes nos forces"

Jacques Chirac, qui garde son sens politique, a bien senti le vent et réussit son meilleur discours en nous avouant, enfin, son amour. Les autres candidats ont également suivi mes conseils, ils ont laissé tomber la "rupture tranquille" et "l'ordre juste" . Mais il leur manque encore ce côté terrien qui va faire la différence cette année. Sarkozy a bien tenté un recentrage. Après avoir avoué qu'il ne buvait jamais de vin, il s'est mis à plafonner dans les sondages. Du coup il a tenté le Sancerre, mais il le supporte  mal et commence à dire beaucoup de bêtises. Ségolène Royal qui a pourtant des références, n'exploite pas son long combat en faveur du chabichou.  Et c'est François Bayrou - le seul candidat qui sait conduire un tracteur - (avec José Bové sans doute ) qui devient le chouchou des sondages et des commentateurs. Une fois de plus les Français auront déjoué les pronostics en le plaçant en position d'être au second tour.

Je déteste ce faux bon sens, toujours qualifié de paysan. Bayrou parle beaucoup de la dette. La dette est une contrainte, ce n'est pas un programme. Bayrou ne fait pas de promesses, "qui nous ont fait tant de mal", il nous dit des contes de fées. C'est l'alliance de l'épée et du bouclier. On prend le meilleur de chaque camp, et miraculeusement tout le monde s'entend pour se rassembler sous sa houlette. "Si je suis élu président de la République, le peuple français aura donné un mandat impératif aux forces politiques du pays"  affirme-t-il. François Bayrou se trompe d'élection, on ne vote pas pour les forces politiques du pays, on vote pour un candidat. La parcours de celui-là ne plaide pas pour ses qualités d'écoute. Bayrou est le seul "rassembleur" qui ait  vidé son parti. N'y restent plus que ceux  veulent bien se dévouer au service exclusif de son ambition personnelle. Comment nous faire croire qu'en un mois, ce parti vide se transformera en un parti de gouvernement. Une base de 29 députés ne devient pas une majorité. Bayrou devra cohabiter avec le vainqueur des élections législatives qui serait probablement le Parti Socialiste. Voter Bayrou, c'est l'immobilisme assuré qui fut sa politique au ministère de l'Education nationale. C'est un non-choix et c'est repousser pour 5 ans de plus les réformes nécessaires à ce pays. Je ne voterai pas pour lui. 

09/03/2007

Char et Camus

medium_Char_Alexandre.jpgmedium_Camus_Jean_Daniel.2.jpgRené Char aurait 100 ans. Arte diffuse un film consacré à son action résistante dans les maquis du Vaucluse. Ce film sera disponible en DVD.

René Char et Albert Camus étaient amis. Je ne sais pas s'il faut résister à l'air du temps comme nous le propose Jean Daniel avec Camus. Mais Char et Camus sont le signe d'une exigence. Ca peut nous nettoyer du futur-ex "Je me fous de beaucoup de choses" Chirac

08/03/2007

Another brick in the wall

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On a fêté le bicentenaire de la Révolution à Berlin en novembre 1989. Ce jour-là tombait un des murs de la honte.

C'est devenu une référence et une expression toute faite : depuis-la-chute-du-mur-de-Berlin, le monde a changé nous dit-on. Les murs du XXème siècle enfermaient les populations pour les empêcher de sortir. Ceux du XXIème sont bâtis pour les empêcher de rentrer. Le régime de  Corée du Nord franchit les siècles. Ce malheureux peuple est enfermé depuis 50 ans, et maintenant ce sont les Chinois qui se protègent pour qu'ils ne puissent pas entrer si jamais ils avaient réussi à fuir.

Le mur de Berlin est tombé, on le reconstruit à Jérusalem, et d'autres encore :

- Le mur entre le Mexique et les Etats-Unis
- Entre l'Inde et le Pakistan
- Une barrière de 8,5 milliards de dollars entre l'Arabie Saoudite et  le Yémen

Et il y a ceux qui restent debout :

- Des barbelés dans le désert entre le Maroc et le Sahara Occidental
- Un autre mur de la honte en Europe à Chypre sépare les Grecs et les Turcs

Quand on ne sait plus quoi faire, on construit un mur. Le prochain sera surement à Bagdad. Quand les Américains partiront, ils laisseront un monument. Ce sera un mur pour séparer les sunnites et les chiites. Il faut faire confiance à la technologie pour régler les problèmes. Ce sera un mur moderne, avec des caméras qui enregistreront tout, des détecteurs de mouvement, des puces RFID.

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Un mur ça sert à séparer des supporters de football. En rugby, on n'en a pas besoin, et c'est pour ça que le rugby est mieux.  D'ailleurs il n'y a qu'une seule équipe de rugby pour toute l'Irlande alors qu'il y a deux équipes de foot pour l'Eire et l'Irlande du Nord. Donc à Belfast, il reste un mur pour séparer les catholiques et les protestants. On aimera le foot le jour où il tombera.

Le plus vieux mur du monde est la grande muraille de Chine. Grâce à lui, ça fait 2500 ans que les extra-terrestres qui nous observent de loin savent que nous aimons nous cloisonner. 

 

 

medium_mur_lamentations.8.jpgA Jerusalem il y a deux murs. Le très vieux Mur des Lamentations qui n'était pas un mur de séparation, mais les fondations du temple d'Hérode. Comme c'est un vieux mur, il est construit avec des blocs de pierre. Ca permet d'y laisser ses voeux avec des petits papiers que l'on glisse dans les fentes entre les antiques blocs. Malgré son nom, c'est un mur d'espoir. 

 Les nouveaux murs sont montés avec des plaques de béton. On ne peut plus y glisser des voeux de paix, alors on tagge des slogans de haine. Pour les décorer, on les surmonte d'une frise en fil de fer barbelé.

"La vérité exprimée sans compromis  a toujours des bords déchiquetés."

 

 

 

 

05/03/2007

Mais qui est ce fabuleux constructeur ?

 

Petite histoire vraie même si elle est outrageusement publicitaire pour qui vous savez : ce fabuleux constructeur.


Il était une fois des serveurs Lotus Notes qui coulaient des jours cahotiques sur de "bons" serveurs WINDOWS.


Un beau jour, un fabuleux constructeur propose des T2000 avec le révolutionnaire Ultrasparc T1. Le client conquis, cède à la tentation et migre Lotus Notes sur ces fameux T2000. Performances exceptionnelles, client ravi !
Hélas, trois fois hélas, voilà que ces T2000 rebootent intempestivement aussi souvent qu'un PC Windows. Le client est très inquiet, la pression monte et les fins limiers de  ce fabuleux constructeur font part de leur grande perplexité ! Cinq appels au support et toujours pas de root cause identifiée !
Or, un beau jour, après des investigations et interrogatoires serrés, l'effroyable réalité est enfin découverte par le client lui-même. Le dossier d'exploitation des serveurs Notes n'a pas été purgé d'une consigne essentielle datant de l'époque Windows :
En cas de message d'erreur de type xxx sur le serveur Lotus Notes : Arrêter et relancer électriquement le serveur via le bouton "Marche/Arrêt" !
La consigne était appliquée à la lettre par un opérateur zélé et respectueux des procédures !
Cela ne s'invente pas et tout commentaire est superflu ! Un conseil s'impose donc pour tout administrateur système : éviter à tout prix une exposition prolongée à Windows, sous peine de séquelles graves.

Via Alain C.

01/03/2007

Libéralisme contre capitalisme

Quand Jacques Chirac proclame que « Le libéralisme est aussi dangereux et conduira aux mêmes excès que le communisme », de quoi parle-t-il ? Voilà une phrase qui ne peut que stupéfier des anglo-saxons pour qui le libéralisme est plutôt synonyme de démocratie et même d'un positionnement assez à gauche.

En France, les adversaires du libéralisme le qualifient d'ultra-libéralisme, et ce qu'ils combattent est en réalité une évolution dite néo-classique, plus connue sous le nom de l'école de Chicago. Alors que la théorie classique du libéralisme accorde une place dominante au travail, cette école de Chicago place le capital comme unique facteur de production.

Les défenseurs du libéralisme croient défendre la liberté individuelle et rejette toute contestation dans les ténèbres du modèle socialo-communiste et du goulag.

Et voilà comment ses partisans comme ses adversaires ne parlent que d'un des modèles possibles du libéralisme qui est le développement du capitalisme actuel.

medium_Valerie_Charolles.jpgC'est que le libéralisme est comme la démocratie, il en fait partie et en est le pendant dans le domaine économique. C'est la thèse centrale du livre de Valérie Charolles, qui développe cette théorie d'un libéralisme neutre :

"Sans préférence avérée pour le travail ou le capital, il peut aller vers le capitalisme ou la social-démocratie en fonction d'éléments qui lui seront ajoutés, mais il ne présuppose a priori ni l'un ni l'autre"

Le capitalisme actuel est donc une des incarnations possibles du libéralisme. Qui conteste cet avatar est accusé d'en contester aussi les fondements, à savoir la concurrence libre et non faussée. Il est alors facile d'agiter l'épouvantail socialo-communiste pour imposer le capitalisme actuel comme inéluctable et répondant à une logique d'ensemble à laquelle nous ne pouvons que nous plier. Il s'agit donc de s'adapter . Ajoutons à cela la mondialisation qui, elle aussi s'impose à nous, et qui est ressentie comme une concurrence à la baisse sur les salaires. Chacun craint le risque de déclassement et de prendre le descenseur social. Cette impuissance "aboutit à un système de références dans lequel les individus se sentent continuellement menacés et n'imaginent pas pouvoir s'extraire du système".

Et ce n'est pas la campagne actuelle qui pourrait nous donner l'espoir de pouvoir  agir sur ce système. Comme le rappelle Jacques Attali, les polémiques sur le chiffrage des programmes (35 milliards sur 5 ans) représentent 3 ans de bénéfice de Total et même moins d'un an de bénéfices d'Exxon. On voit où est l'argent, et c'est dire que la marge de manoeuvre des Etats est devenue dérisoire et renforce ce sentiment d'impuissance.

Pour revenir au livre de Valérie Charolles, elle ne se contente pas de décrypter ce discours pseudo-libéral au service du capitalisme actuel. Elle ne tombe pas dans une fumeuse théorie du complot des méchants capitalistes, mais montre que que les règles financières et comptables appliquées aujourd'hui pénalisent le travail au dépens du capital. Le travail salarié est une charge comptable alors que le libéralisme y voit la seule source de richesse. Dans ces conditions il ne faut pas s'étonner que la logique capitaliste du profit à court terme pousse à la compression de cette charge. Comme par ailleurs, la France réussit le prodige de baser une grande part de son imposition, et toute la protection sociale sur une base salariale, on a là les secrets du modèle français et de son échec.

Le libéralisme proclame avec raison qu'il n'est de richesse que d'homme, mais les règles de comptabilité classent le travail comme une charge. Imaginons que l'on puisse mettre à l'actif l'expérience, le savoir-faire et tout le capital immatériel que représente les salariés. C'est toute une gestion qui pourrait être infléchie dans un sens plus favorable à cet homme. De manière assez inattendue, ce sont les clubs de foot qui sont en avance dans ce domaine en demandant à ce que leurs joueurs puissent figurer à l'actif de leur bilan et non plus uniquement en charge dans leur compte de résultat.

A livre Valérie Charolles, on se donne quelques armes pour sortir de l'impasse actuelle. Son livre mérite bien cet exergue de Wittgenstein :

"Quel est ton but en philosophie ?
Montrer à la mouche l'issue par où s'échapper de la bouteille à mouches"