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22/02/2007

Google Apps : La Pyramide ou la Toile

On l'appelle Google Apps ou Google Office et c'est la nouvelle offre bureautique. Pour 50$ par an on a droit à :

  • 10 Go de stockage pour Gmail ;
  • Calendrier ;
  • Messagerie instantanée (chat) ;
  • La suite bureautique texte et tableur ;
  • Logiciel de présentation type Office Impress ou Powerpoint à venir.

Tout ça est stocké sur l'infrastructure de Google : 500 000 serveurs et 25 Datacenters nous explique Louis Naugès . Et voilà l'accès à mes données de n'importe où, à n'importe quelle heure avec tout équipement capable de se connecter à Internet (pas seulement mon PC). Une des grandes forces de Google, c'est son infrastructure technique et sa qualité de services (SLA) impeccable. Fini donc, le souci du maintien des serveurs et des baies de disques, Google veille sur vous, Google vous héberge.

J'ai déjà évoqué ici et tout le bien que je pensais de ce type d'architecture d'un point de vue purement informatique :

  • Pourquoi payer 1000 Euros ou plus un PC dont on n'utilisera que 10% de la puissance ?
  • Pourquoi engraisser les comptes de MicroSoft avec une suite bureautique dont on n'utilise aussi que 10% des fonctionnalités ?
  • Pourquoi stocker en local plusieurs dizaines de Go toujours à la merci de la première panne disque, et quasiment jamais sauvegardés ?

Je redis aujourd'hui encore ma méfiance à l'égard de ce modèle hypercentralisé où l'on remet les clés de son informatique et surtout le contrôle de ses données à un hébergeur aussi puissant. Le moins que l'on puisse dire est que Google est loin d'être transparent sur ce qu'il fait des traces que l'on laisse chez lui. Et puis surtout, ce modèle est totalement en contradiction avec l'architecture distribuée de l'Internet. Plutôt que l'aboutissement du Web 2.0, n'est-ce pas plutôt là le retour à un système hiérarchisé en pyramide, quasiment de type Mainframe.

La hasard fait bien les choses, je viens de lire une contribution passionante de Anh-Tuan GAI sur le blog de Francis Pisani. Voici sa vision :

  • "Web 1.0: Les contenus sont produits et hébergés par des entreprises.
  • Web 2.0: Les contenus sont produits par les internautes et hébergés par des entreprises. (NDLR : c'est le modèle Google Apps)
  • Web 3.0: Les contenus sont produits et hébergés par les internautes.
    (Cela signifie ne plus héberger son mail sur Gmail, ses photos sur Flickr, etc… Les données sont reçues, stockées et accessibles sur une machine administrée par et physiquement chez l’internaute.) "

Je conseille vraiment la lecture de ce court article qui défend une vision décentralisée du Web qui y retrouve son architecture d'origine en toile.

A vrai dire, et on l'aura compris, le débat n'est pas que technique. Il s'agit bien du choix entre un modèle décentralisé et participatif, contre le confort du chèque en blanc. C'est un débat complètement politique concernant le rôle de chacun face à la puissance de ces entités.

Anh-Tuan GAI nous propose "Une autre branche pour l'arbre des possibles ". J'aime que cette branche là puisse pousser vite avec le talent de ce jeune post-doctorant. Et vous, sur quelle branche aimeriez-vous chanter ?

20/02/2007

A quelle élection votons-nous ?

Avez-vous remarqué comme il fait doux en ce mois de juin ? Le nouveau président Sarbayal s'installe à l'Elysée. Mais rien n'est acquis pour le nouvel élu. Il lui faut une majorité pour gouverner. Et nous voilà reparti pour une nouvelle série de débats face à un panel représentatif de la population. Le président Sarbayal a été élu sur un programme qui définissait les objectifs de la République pour les 5 ans à venir. Il s'agit maintenant de préciser les modalités pratiques permettant de concrétiser les grandes orientations qui ont été choisies par les Français lors de l'élection présidentielle d'avril-mai. C'est ainsi, qu'hier soir le représentant du parti socialiste a pu expliquer à chaque catégorie de français les différentes mesures concrètes les concernant.

Arrêtons là l'anticipation... Et pourtant, à quoi avons-nous assisté hier soir, sinon à la campagne électorale pour les législatives du mois de juin ? Faut-il incriminer Ségolène Royal, dont c'était le tour de participer à l'émission de TF1 : "J'ai une question à vous poser" ? On a plutôt tendance à s'interroger sur la manière dont est conçue cette émission.

On ne mettra pas en cause une quelconque manipulation qui permettrait de favoriser tel ou tel candidat grâce à une sélection orientée des 100 personnes représentatives de la population française. Ce serait un peu trop grossier. Il s'agit plutôt de cette méthode consistant à segmenter cette population  suivant des méthodes marketing où chaque personne doit être représentative de l'échantillon qu'elle est sommée de représenter.  On aimerait bien connaître la manière dont est préparée cette émission. Ce que l'on soupçonne, ce n'est pas la manipulation partisane, mais que chaque questionneur  soit fortement incité à ne pas sortir du rôle qu'il doit jouer. Chacun se souvient de la funeste soirée où Jacques Chirac fut désarçonné par les questions et le comportement d'un panel de jeunes lors d'une soirée qui fut sans doute fatale à la constitution européenne.

Il s'agit donc qu'un agriculteur pose une question d'agriculteur et s'inquiète de la Politique Agricole Commune. Il ne doit connaître l'Europe que sous cet angle. Les retraités s'interrogeront légitimement à propos du montant de leur pension. Il n'est pas question qu'ils s'intéressent à autre chose. Un commerçant s'inquiètera du niveau de sa TVA et une infirmière ne connait rien en dehors de l'hôpital. Voilà une représentation scientifique de la population. Chacun est expert de sa propre vie et ne doit pas voir au-delà.

A chaque interrogation, le candidat ne pourra que témoigner son empathie face à une situation qui n'est jamais idéale. "Vous avez raison !  Et d'ailleurs j'ai prévu d'augmenter votre revenu-salaire-pension-traitement de tant". Pas de chance pour les militaires, ils n'ont pas le droit de s'exprimer publiquement. On ne parlera donc pas de la politique de défense. Ce n'est jamais que le deuxième budget de l'état. Pas de chance pour les européens, ce n'est pas un segment de panel ; tout le monde est européen.

Est-il possible d'imaginer que les Français puissent voir au-delà de leurs intérêts catégoriels ? Un agriculteur n'est pas entièrement qualifié par sa profession. Il a le droit et sans doute le devoir d'avoir une opinion sur l'Europe, sur la politique de défense ou sur les retraites. Il n'est pas exclu qu'un enseignant s'intéresse aussi à la mondialisation de l'économie et à ses conséquences sur la situation de l'emploi dans notre pays. Autrement dit, il est quand même possible de poser l'hypothèse que le citoyen français ait l'ambition de voter au delà de son bulletin de paie et de son niveau de pension. La question du niveau de vie n'est certainement pas secondaire, mais ce n'est  pas non plus le rôle du futur Président de la République de promettre et de fixer des taux d'augmentations à l'avance, au mépris de toute négociation avec les partenaires sociaux et des circonstances économiques qu'il ne connait pas plus que vous et moi.

On est bien obligé de constater que le quinquennat n'a fait qu'amplifier ce mouvement. Mais nous sommes encore en Vème République, et c'est justement le but de cette élection présidentielle de désigner une personnalité dont le rôle sera de prendre en compte l'intérêt général au delà des revendications catégorielles. Est-ce encore possible ? Oui. Et l'on peut dire que l'on n'a jamais autant discuté de la place et du rôle de la France qu'à l'occasion des deux referendums européens du traité de Maastricht et de la constitution européenne. Tiens, tiens, ce sont justement les domaines de compétences privilégiés du Président de la République. On peut donc en débattre. Quoi que l'on pense des résultats de chacun de ces referendums, ces débats ont eu lieu et ils n'étaient pas médiocres. Il est donc possible que les Français aient un suffrage qui aille au-delà du chiffre au bas de la feuille de paie. Ils s'intéressent aussi et sans doute surtout au devenir de notre pays au sein de l'Europe.

"J'ai une question à vous poser" devient " de combien allez-vous m'augmenter ? " et  ne fait qu'encourager une vision consumériste de la politique. Dans une phase de campagne électorale, on ne demandera pas aux candidats d'avoir l'héroïsme ou la naïveté de ne pas surseoir à cette demande. Il est pourtant bien imprudent de penser que la maxime chiraquienne des promesses qui n'engagent que ceux qui les reçoivent puisse encore s'appliquer. Après 25 ans de démagogie et de renoncements, les Français savent à quoi s'en tenir de ce point de vue là.

Il y a bien longtemps, le Général de Gaulle admonestait l'un de ses ministres : "N'oubliez pas que vous êtes Ministre de l'Agriculture, vous n'êtes pas le Ministre des agriculteurs". C'est là toute la différence entre le service de l'Etat et la satisfaction jamais repue des intérêts particuliers. On souhaiterait que cette élection, souvent qualifiée de la dernière chance, s'intéresse d'abord à celui-ci plutôt qu'à ceux-là.

15/02/2007

Recruteurs : encore un effort

 

"De moins en moins d'informaticiens frappent à la porte des DSI et des SSII" affirme "Le Monde Informatique"dans son numéro du 9 février dernier. Je me suis encore fait avoir par ce marronnier. J'étais pourtant assez égoïstement content :

"Objets de toutes les convoitises : les compétences... La concurrence se durcit sur un marché qui s'assèche.."

Tout va bien donc, ça devrait faire repartir les salaires à la hausse. Et bien, pas pour moi. La dernière fois que que l'on m'a parlé d'employabilité, j'avais compris que la bonne fenêtre se situait entre 30 et 45 ans. Ce n'est déjà plus vrai puisque le même Monde Informatique nous apprend que "des consignes circulent toujours pour ne pas recruter au-delà de 35 ans ou d'une certaine durée de chômage". Voilà donc l'explication de cette pénurie d'informaticiens, c'est que l'on ne recrute plus qu'en dessous de 35 ans.

Le cabinet de recrutement F3S fait encore mieux puisqu'il a fait paraître une annonce recherchant un chasseur de tête âgé de 28 à 35 ans. J'imagine déjà les prochains titres de la presse :

Le chômage baisse ! chez les 28-35 ans

 

P.S. La société FS3 a quand même été condamné à 500 Euros d'amende après la plainte de la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations).

13/02/2007

Spéciale St Valentin

C'est donc par hasard, en me promenant sur Internet, que j'ai découvert ce mot : la sérendipité. Et ma découverte est assez récente puisqu'elle est contemporaine du tohu-bohu provoqué par la bravitude. Entre parenthèses, je continue à m'étonner du flot de commentaires sarcastiques provoqué par cette création plutôt bienvenue. Alors que ce mot connaît l'infortune que l'on sait, la sérendipité n'est pas discutée. On sait qu'Internet est devenu un champ privilégié d'intervention de nouveaux pions qui écument les commentaires de leurs corrections grammaticales. Comment un mot aussi monstrueux a-t-il pu déjouer la surveillance de ces ayatollahs de l'orthographe ?

C'est sans doute que le charme de sa signification rattrape la laideur du mot. Wikipedia, qui sait tout, donne cette définition. La sérendipité est :

"la qualité qui consiste à chercher quelque chose et, ayant trouvé autre chose à suite d'un concours malheureux de circonstances, à reconnaître immédiatemment que ce qu'on a trouvé a plus d'importance que ce qu'on cherchait et à abandonner son ancien objet de recherche pour se consacrer au nouveau ».

L'île de Sri Lanka que l'on appelait Ceylan se nomme aussi Serendip. Toute l'histoire vient de là, et d'un chameau malchanceux au point d'être édenté, borgne et boiteux. Trois princes de Serendip donnèrent ces détails grâce aux indices qu'avait laissé l'animal perdu par son chamelier, et qui permirent de le retrouver. Une fois rapportée en Europe, cette histoire devient le symbole d'un certain talent d'observation, puis de la découverte par hasard de résultats que l'on ne cherchait pas. Wikipedia propose des adjectifs correspondants : "En français, on pourrait avoir « sérendipiteux » (une découverte sérendipiteuse), « sérendipitant » (proposé par Jean-Michel Briet) et « sérendipien » (une démarche sérendipienne )." On voit bien qu'une découverte sérendipiteuse serait déconsidérée par son suffixe, et qu'une démarche sérendipienne a des consonnances oedipiennes suspectes. Sérendipitant sera sauvé ; il tombe bien dans la bouche et il rappelle du crépitant ou du palpitant.

Comme vous pouvez le deviner, ma science est récente et je vous laisse découvrir par sérenpidité sérendipité plus de détails. Je ne résiste quand même pas à vous faire partager ma plus belle découverte : La Serendip Attitude  : "En entreprise, l'exploitation de ces accidents nécessite, pour reprendre le mot de Pasteur, des esprits préparés. C'est ce que nous appellerons la Serendip Attitude" . Par là même, nous voilà très proche de la positive attitude, et nous retrouvons notre bravitude.

D'après toutes mes recherches, la sérendipité ne concerne que les découvertes scientifiques.  Suivant une autre définition, "la sérendipité est effective à partir du moment où, cherchant quelque chose et ayant trouvé autre chose, on reconnaît que ce qu’on a trouvé est plus intéressant ou a plus d’importance que ce qu’on cherchait". On ne dit pas ce que devient ce que l'on cherchait et que l'on n'a toujours pas trouvé. Il faudra sans doute le retrouver en cherchant encore autre chose qui n'a rien à voir.

 J'aimerais étendre cette définition en revendiquant un autre aspect de la sérendipité : Si l'on ne cherche rien, que l'on trouve quand même, et que l'on part blasé  pour revenir heureux. Un certain 31 décembre 1993, je n'attendais rien et je ne cherchais pas. A 10h30 du soir, j'hésitais encore entre une soirée glauque et solitaire et un réveillon stupide et  mondain. L'avantage d'un 31 décembre est qu'il faut bien se décider si l'on veut arriver avant minuit. J'arrivais donc à minuit moins le quart, bien décidé à ne rester que le temps d'un minimum syndical et grognon. C'est à minuit pile que je l'embrassais. Vous avez deviné la suite, puisqu'à 5 heures du matin, nous savions que nous nous marierions. Voilà une belle histoire d'amour de la collection rose mais qui dure encore. Elle est quand même plus séduisante que cette histoire de chameau borgne. Nous la devons à Horace Walpole qui a lancé la vogue du roman noir. Il n'y a vraiment que des anglais pour rapporter un terme aussi laid et une histoire aussi bête. Je me félicite encore aujourd'hui de ne l'avoir pas connue ni donc racontée. J'aurais ruiné toutes mes chances, et c'est piteux comme dépité que j'aurais terminé ce réveillon.

Il faut que la langue vive avec ses mots. La sérendipité anglaise du chameau borgne ne sert qu'à décrire des inventions scientifiques inopinées. Une de mes préférées est  "L'effet anti-cancer du Macrogol  découvert par Denis Corpet en étudiant l'effet promoteur des charcuteries sur les tumeurs colorectales." Mais, pour une fête de Saint Valentin ça ne fait pas rêver. Je propose donc de ranger parmi les phénomènes de sérendipité le coup de foudre et tous les jeux de l'amour et du hasard. Le marivaudage est sérendipitant. Qu'on se le dise !

Bonne fête à tous les amoureux ! Bonne fête ma chérie !

18:12 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3)

07/02/2007

Un programme ne se construit pas comme Wikipedia

Entre un référendum et une élection présidentielle, on est en train de s'apercevoir qu'il y a une différence de nature profonde. Le pari de Ségolène Royal était de prolonger la victoire du Non au référendum européen, par une stratégie d'encouragement d'un mouvement citoyen contre la coalition bien pensante des médias et des élites.

Son initiative a surpris tout le monde et son désir d'avenir a été reçu avec beaucoup de bienveillance et de sympathie. Les internautes ne pouvaient que s'intéresser à la construction d'un programme, dont la méthode apparaît copié sur le fonctionnement de Wikipedia. Elle a donc gagné avec aisance la première manche contre des éléphants balourds qui n'ont jamais pu remonter leur handicap de départ.

Dans l'euphorie de cette première victoire, Ségolène Royal a oublié qu'elle avait également bénéficié de l'appui constant des médias traditionnels à l'affût d'une nouvelle star et de l'intérêt de certaines élites ravies d'accompagner un phénomène qu'elles pensaient pouvoir récupérer.

Mais elle n'a pas renvoyé l'ascenseur ! Elle n'a pas su flatter les intellectuels et les médias en leur laissant leur place habituelle. L'apport de Jack Lang s'est avéré nul de ce point de vue. Face à un Nicolas Sarkozy archi-préparé, qui contrôle une bonne partie des médias traditionnels et qui bénéficie de multiples sympathies dans la blogosphère, la partie est trop inégale. Cette deuxième manche est donc un échec total.

Entre un référendum et une élection présidentielle il y a  la même différence qu'entre un commentaire de texte et une authentique création littéraire. Le texte est donné, il ne sera plus modifié et son contour est fini. Les candidats sont des êtres humains au discours variable. Pour un référendum l'incertitude n'est due qu'au jugement sur le contenu  d'un texte figé. Il y a bien longtemps que les responsables politiques ne mettent plus en jeu leur charge, suivant le résultat d'un référendum. 
Lors  d'une élection, l'incertitude est entretenue par le mouvement des candidats qui adaptent constamment leur comportement et leur discours au déroulement de la campagne. On vote autant, sans doute plus pour une personnalité, que pour un programme. Elle sera  plus fidèle à elle-même, qu'à un programme toujours trop optimiste et très vite inadapté aux circonstances de l'histoire.


Le texte du référendum est connu, c'est la base commune du débat. Les programmes doivent être créés et ils sont différents. A l'antithèse d'un Lionel Jospin, le pari de Ségolène Royal repose sur cette croyance en la possibilité d'une création collective. Le parallèle avec Wikipedia est frappant et l'a certainement inspirée. Elle n'a pas étudié assez cette encyclopédie. Quelles que soient les discussions sur la qualité et la pertinence des articles de Wikipedia, son ambition se limite au recensement de connaissances acquises. Ses principes fondateurs précisent bien que :

"Ce n'est pas non plus l'endroit où faire part de vos opinions, expériences ou débats — tous nos éditeurs se doivent de respecter l'interdiction du travail original et de rechercher une exactitude aussi poussée que possible"

Elle aurait du tenir compte de l'expérience de Wikipedia. Sans l'appui des médias qui lui sont devenues hostiles, en méprisant les apports  des experts officiels, pour parier sur ce surgissement populaire, l'ambition de Ségolène Royal paraît démesurée. La création collective est une vieille chimère.  "La poésie doit être faite par tous. Non par un" écrivait Lautréamont. Il a inspiré les surréalistes qui ont laissé quelques oeuvres écrites à plusieurs mains.  Très vite, chacun suivit son propre chemin. Et puis on ne croise pas tous les jours un Eluard ou un René Char.

Pour une fois, soyons un peu cruel. On peut faire un tour sur les blogs de soutien à sa candidature, chez "centpenséespourvous" on apprend que :

"La lutte, c'est donc du "Seule contre tous". Et pourtant, faut gagner le match sinon peut-être pas nous, mais nos enfants et petits-enfants étoufferont à cause de l'effet de serre...et connaîtront ... un remake de l'engloutissement de l'Atlantide. Hausse du niveau des océans de 6 mètres prévue scientifiquement avant 2050 par les scientifiques, dans l'état actuel des choses..."

La troisième manche commence la semaine prochaine avec ce genre de contribution...

La belle n'est pas jouée, mais il faudrait beaucoup d'erreurs dans les autres camps et une personnalité qui se révèle soudain exceptionnelle pour que Ségolène Royal puisse revenir dans le jeu.

01/02/2007

Ce soir on éteint tout ; allumez votre cigarette !!

Qu'est-ce qu'on sait sur moi ? Et d'abord, c'est qui, on ? Il se dit que Google conserve toutes vos traces jusqu'en 2038. Pourquoi 2038, et de quel droit ? J'aimerais bien contrôler ce que Google croit savoir sur moi et ce qu'il en fait. Est-ce qu'au moins cela permettrait de disposer d'offres marketing finement ciblées par rapport à mon profil ? Non ! je n'ai jamais recherché de Viagra avec Google, je reçois pourtant régulièrement des spams V.ia gra. Je ne suis pas concerné ! Et j'espère que cette note ne va pas faire croître ce flot de pourriel.

C'est qui, on ? C'est au moins, mon employeur qui me suit avec mon badge, mon téléphone et son proxy Internet. C'est mon fournisseur privé Internet qui stocke également toutes mes traces. Jusqu'à quand ? Ce sont tous les sites qui me demandent mes coordonnées, et comme je n'aime pas les corbeaux anonymes, je m'inscris sous mon vrai nom. J'ai peut-être tort, mais pourquoi serais-je obligé de me cacher ? Mon téléphone portable me piste, mon ticket de caisse révèle mon niveau de vie et ma consommation.  En plus j'en rajoute, personne ne m'a rien demandé et j'écris sur ce blog. Ai-je l'honneur d'avoir ma fiche aux R.G ?  ( très à la mode en ce moment)

On dirait que la protection des données et de sa vie privée n'intéresse plus personne, surtout pas nos candidats. C'est la sécurité le maître mot. Mon ami Nicolas de Rauglaudre le fait remarquer. Une note de Jean-Marc Manach fait le point sur cette question, qui dépasse de beaucoup la simple identité numérique. La CNIL se bat comme elle peut, mais elle est à contre-courant des intérêts économiques, de la lutte contre le terrorisme et des pratiques quotidiennes. On pourra lire avec profit le programme du président de la CNIL, Alex Türk, “Communiquer sur la protection des données et la rendre effective (.pdf)” ou encore ce rapport sur la société de la surveillance (.pdf). Heureusement, la CNIL a vite pris conscience du caractère transnational de cette affaire, qui est en cela tout à fait comparable aux débats sur l'écologie. Alex Turk, propose ainsi :

 “par analogie avec le thème du capital naturel de notre planète mise en danger par la pollution issue de l’activité humaine, de reprendre la notion de capital à préserver. Chaque homme, et l’humanité dans son ensemble est à la fois détenteur et responsable d’un capital. De même qu’on ne peut pas agir impunément en matière de protection de l’environnement, nous devons être extrêmement vigilants dans notre domaine (…) parce que ce capital de garantie de nos libertés et de notre identité peut alors être amputé ou menacé dans son existence même.

Pour protéger l'environnement, une certaine "Alliance pour la Planète"  lance un appel : 5 minutes de répit pour la planète : tout le monde éteint les lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00. 

Depuis le 1er février 2007, on n'a plus le droit de fumer dans les lieux publics.  La logique de cette société de surveillance et du "principe de précaution", qui va avec, nous imposera bientôt de ne plus fumer du tout. On continuera par la consommation d'alcool sous des prétextes d'économie de la sécurité sociale. Dans la série - 5 choses que vous ne savez pas de moi ; vous vous en fichez, mais je vous le dis quand même - j'ai arrêté de fumer le 4 avril dernier. Cette interdiction de fumer ne me gêne plus du tout, mais le tapage médiatique et le flot de sanitairement correct est tellement insupportable que ça donne envie de recommencer.

Alors ce soir entre 19h55 et 20h00, éteignez les lumières si vous le souhaitez, mais surtout éteignez  votre SIGNAL SOCIAL!. Effacez toutes vos traces électroniques, éteignez les téléphones les GPS et surtout les PC  qui consomment plus d'énergie que les lumières.

Quant à moi, ce soir entre 19h55 et 20h, je ne suis pas joignable sur mon portable, ni par aucun moyen électronique. Vous vous demandez quelle est cette  braise rouge dans l'obscurité. Je peux vous donner la réponse. J'annonce urbi et orbi et interneti, que ce soir entre 19h55 et 20h je serai sur mon balcon, avec un verre de whisky pour fumer une cigarette exceptionnelle en ce 1er février 2007 .