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25/01/2007

Une réunion de l'UMP

 

A lire le pilonnage anti-sego qui se déchaîne sur tous les médias, traditionnels ou bloguesques, on se demande comment elle pourra se sortir de cette mauvaise passe. Mais après tout, ça fait partie du parcours normal de tout candidat, et qui pleure en janvier peut triompher en mai, ou l'inverse. Madame Royal est en grande difficulté, on pourra juger de son caractère et de son aptitude à surmonter les épeuves. Je ne suis pas de ceux qui la sous-estiment.  Elle a pulvérisé ses rivaux socialistes, ils ne lui pardonnent pas, et ses difficultés actuelles viennent de là, car elle n'a pas d'équipe et elle n'est pas préparée.

Hier soir, Patrick Devedjian était l'invité d'une réunion à La Celle Saint-Cloud, c'était l'occasion d'aller voir si l'on sonne déjà  la curée du côté de l'UMP.

Après les remerciements d'usage, voici la vedette du meeting qui s'avance au pupitre. Les applaudissements sont polis, la salle a besoin d'être chauffée, mais ce ne sera pas pour ce soir. Patrick Devedjian est un bon orateur, il parle sans notes pendant trois quarts d'heure. C'est pour nous expliquer pourquoi l'UMP a choisi la bonne stratégie pour propulser "Nicolas" (tout le monde l'appelle Nicolas) à l'Elysée.

Pour les valeurs comme le pouvoir d'achat ou le travail, ils ont su récupérer des thèmes traditionnels de la gauche en évitant l'erreur de faire une campagne libérale vouée au même échec qu'Alain Madelin en 2002. Quand au  déroulement de cette campagne, ils ont choisi un congrès de désignation du candidat après celui des socialistes. De cette manière, nous profitons au mieux de "l'effet congrès" assure-t-il. Les événements lui donnent raison pour l'instant, mais le ton comme le fond de son discours ne sont pas triomphalistes. C'est tout juste s'il s'autorise à évoquer la bravitude, et les gaffes d'Arnaud Montebourg.

"Tout le monde dit des bêtises, ou fait des gaffes. Moi aussi, bien sûr. Mais quand j'en fais, j'essaie de ne pas en faire un événement. Alors que là, on met Arnaud Montebourg au piquet, du coup tout le monde en parle. Quel amateurisme ! "

Dans ce genre de réunion, on s'attend à un tir de barrage, et aux effets de manche faciles. Patrick Devedjian a trop d'expérience pour taper aussi fort en début de campagne. Il a plutôt refroidi la salle en n'accordant pas tant d'importance aux sondages qui sont  bons pour Nicolas. "La semaine dernière, on était battu, aujourd'hui c'est mieux, et je préfère quand les chiffres sont bons, mais la situation peut encore se retourner". Patrick Devedjian ne crie pas victoire, il a raison. "On n'est jamais à l'abri d'un événement imprévu, ou même d'une faute".

Vient le tour de la salle, elle est presque pleine, et il reste encore quelques dizaines de places sur les 500  disponibles. Beaucoup de sexagénaires, Monsieur et Madame, 4 ou 5 étudiants, et quelques autres  qui ne sont plus l'un et pas encore l'autre.

Ca commence fort en réclamant que l'on arrête de taper sur les riches. On continue par les droits des propriétaires et les 34 Milliards d'Euros pour l'aide au logement. Patrick Devedjian a des réponses plus raisonnables que les questions, et il propose de redéployer ces sommes pour aider à l'accession à la propriété. Visiblement, il connait le sujet, il cite le Danemark et la nécessité de créer un marché hypothécaire.

Tout ça risque de tourner à la réunion de co-propriétaires, et je commence déjà à ronchonner. Je réussis à récupérer le micro pour demander ce qu'ils comptent faire pour l'éducation nationale. Ma question ne porte pas sur le diagnostic, que tout le monde admet, ni même sur le projet qui est connu, mais bien sur les moyens de réussir une réforme qui ne se termine pas, comme d'habitude, par une capitulation devant la rue. Il répond par la suppression des ZEP et de la carte scolaire, et propose la création de campus, "à l'américaine", pour de grands pôles universitaires régionaux. Quant aux moyens, il compte sur la persuasion auprès des enseignants, la prochaine cible de Nicolas, qui connaissent bien les mauvais chiffres d'un système qu'ils continuent pourtant à défendre.

En France, on a longtemps nié les problèmes. Après de nombreux rapports et commissions, on a enfin accepté un diagnostic, on commence à se mettre d'accord sur certains remèdes, on en n'est pas encore aux moyens politiques de faire accepter un traitement qui puisse réussir.

Et pourtant sur d'autres sujets, comme l'Europe, Nicolas propose une stratégie. Si vous m'élisez, vous acceptez le principe d'une ratification parlementaire d'éléments institutionnels européens (Ministre des affaires étrangères, vote à la majorité qualifiée).  C'est tiré par les cheveux, mais au moins on est renseigné sur les moyens.

La réunion se termine avec une dame qui évoque ses jeunes années à Neuilly et les mérites municipaux de Nicolas Sarkozy. Mais plus personne n'écoute, c'est l'heure de la galette et du "verre de l'amitié".

Commentaires

Un blog bien écrit et calme, tout en réflexion. Bravo :-)

Écrit par : Toreador | 26/01/2007

Bonjour,

A mon sens, M. Sarkozy n'a pas de mauvais projet. Simplement, j'aimerais savoir si on le laissera réellement mener ses objectifs à bien sans mouvements sociaux, manifs, ...
C'est un peu le problème de tous aujourd'hui. Ils ont tous des idées, à gauche comme à droite. Seulement, personne ne veut voir ses privilèges tomber. Dommage, pas facile d'aller de l'avant !

Merci René,

Thibault

Écrit par : Thibault | 27/01/2007

A-t-on beaucoup le choix entre un candidat qui propose la sécurité sous la forme policière du ministère de l'intérieur, une candidate qui propose la sécurité sous une forme administrative et fonctionnariale, des candidats qui proposent la sécurité en expulsant les indésirables, des candidats qui proposent la sécurité New Age...
On a tous besoin d'être sécurisés, d'accord. Mais où sont la créativité, l'esprit d'aventure, de lutte et de combat pour plus d'humanité, de rencontre et de fraternité (3ème item de notre devise), la danse de la vie, la poésie, la recherche, l'avenir de nos enfants et petits enfants, la liberté du coeur et de l'esprit... Où est l'esprit de Colbert qui plantait des forêts pour la marine royale du Vingtième siècle ? Bon, tout cela n'est peut-être pas très politique (ment correct).
Merci René. A bientôt. Nicolas...

Écrit par : Nicorazon | 01/02/2007

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