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16/01/2007

La grande distrib 2.0

Finalement ce Web 2.0 pousse à son paroxysme le modèle de la grande distribution. On sait que celui-ci est construit autour de la puissance des centrales d'achat qui tirent leur force de leur concentration, face aux fournisseurs désunis et dispersés. On connait aussi l'importance de l'exposition du produit et de l'effet "tête de gondole". Ces mêmes fournisseurs arrivent quand même à vendre leur production. Quelques grandes marques stars arrivent même à un tel niveau de notoriété, qu'elles peuvent négocier dans des conditions un peu moins inégales. 

Pour l'économie de l'Internet, j'écrivais précédemment

" Comme chacun le sait, il s'agit maintenant d'un Web en lecture-écriture. L'utilisateur en crée le contenu, au moins à part égale avec les entreprises économiques et les institutions. Celles-ci continuent néanmoins à en tirer l'essentiel du profit économique. A terme, ce partage inégal annonce des tensions sur le modèle  (...) Si l'information est un vrai pouvoir, celui-ci se ré-équilibrera, sous sa forme économique, entre les mains des usagers au détriment des entreprises capitalistiques."

Cette analyse est un voeu plus qu'une vraie prévision, et il a peu de chances de se réaliser. Quand on compare avec  la grande distribution, on s'aperçoit que le modèle Web 2.0 n'est pas si nouveau que ça, en tous cas d'un point de vue de la répartition des bénéfices. Les Google, MySpace et consorts sont les Carrefour(s) - c'est le cas de le dire - de l'Internet, ils ont un rôle tout à fait similaire. Ils font même mieux, puisque le contenu créé par l'utilisateur (user generated content) l'est à titre gratuit. Encore plus fort !  La loi d'airain, qui fait du distributeur l'élément clé de la chaîne de valeur, se confirme et s'amplifie dans le monde de l'Internet. Le producteur de contenu est quand même satisfait. Il échange sa production contre une reconnaissance sociale ou professionnelle. Un excellent rapport ( en .pdf ) analyse bien cette évolution de la chaîne de valeur dans l'industrie du divertissement.

Le modèle est accepté pour la production amateure de divertissement et même pour les contenus plus ambitieux de beaucoup de blogs.

Les professionnels du divertissement et de l'information n'ont toujours pas trouvé de modèle économique qui leur permettent de s'insérer dans cette nouvelle chaîne de distribution. Les DRM ne seront pas acceptés, et Microsoft a manqué de Vista  en se conformant aux diktats d'Hollywwod. Ce n'est pas si grave pour nous, il y a plein d'alternatives.

La presse quotidienne payante d'informations sur papier va mourir. Elle a bien du mal à construire son nouveau modèle à dominante Internet. C'est beaucoup plus embêtant.

19:44 Publié dans Société, Web | Lien permanent | Commentaires (0)

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