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07/01/2007

La société de défiance

Dans cette affaire du droit au logement, du blog de Maître Eolas à  un média plus ancien comme le  Figaro, on retrouve le même état d'esprit et la même méfiance. Prenons cet article de M. Jérome Dubus : Le droit au logement opposable, cette fausse bonne idée :

Voilà un article construit  comme le "dialogue social" à la SNCF. On commence par faire grève, on discute après. D'abord le conflit, ensuite la négociation. M. Jérome Dubus nous détaille sur trois colonnes les différents types de conflits qui ne manqueront pas de se déclencher. Il faut arriver à la fin de cet article pour arriver aux bonnes idées

"Accélération des cessions foncières de l'État ; simplification des procédures administratives ; plans locaux d'urbanisme favorables à la densification ; exonérations fiscales ; limitation des recours abusifs : voilà quelques pistes que le prochain gouvernement devra traduire rapidement dans les actes... Pour résoudre la crise du logement, il faut d'abord construire !"

Dans mon euphorie de nouvelle année, il me semblait que l'annonce de ce droit était le signe fort que l'on prenait le problème dans le bon sens. Par exemple, les propositions de M. Dubus deviendraient des priorités que l'on associerait aux moyens adéquats.

Le droit au logement opposable crée une obligation de résultat. Professionnellement, je vis dans un monde de client-fournisseur où un engagement de résultat n'est sérieux que s'il est assorti de pénalités.  L'objectif est que les résultats soient atteints et que l'on n'aille pas jusqu'au conflit. Les pénalités sont là  pour rassurer le client par rapport au sérieux de cet engagement et des moyens qui lui sont affectés. Je sais bien que que cette relation commerciale ne peut pas être complètement comparé à un problème social. On préférera sans doute parler de contrat. Ca ne me paraît pas si éloigné du sujet qui nous préoccupe où l'on espère que, par hypothèse, les deux parties sont de bonne foi et ont un intérêt commun à atteindre l'objectif.

Dans toute cette discussion, on suppose au contraire, que par avance, les deux parties sont de mauvaise foi. Le législateur serait ainsi en train de préparer une loi qui le contraint, en prévoyant à l'avance tous les moyens lui permettant d'y échapper. Les futurs plaignants, quant à eux, ne chercheraient qu'à contourner la loi pour se loger gratuitement aux frais du contribuable.

La même tare et le même virus mortel ronge le syndicaliste passéiste arc-bouté sur ses avantages acquis, comme le  libéral qui rêve d'un avenir à l'anglo-saxonne pour notre pays, c'est la défiance et le modèle perdant-perdant dans lequel nous vivons depuis 25 ans.

Décidément le facteur immatériel est bien la source, la condition et l'avenir de notre prospérité. Dans son livre magistral, Alain Peyrefitte a montré comment l'établissement de la société de confiance était à la source du développement des sociétés modernes.  Le retour à la confiance mutuelle, c'est bien l'enjeu actuel. La classe politique a d'énormes responsabilités dans cette affaire, mais nous aussi.

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