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23/12/2006

La faillite de l'enseignement supérieur

Dans ce même rapport “L’économie de l’immatériel - La croissance de demain” (.pdf), dont j'ai parlé dans mon précédent billet , on trouve une analyse terrible de l'état de notre système d'enseignement supérieur. La qualité de cet enseignement est bien sûr capital pour notre réussite et notre croissance au sein de cette économie.  

En voici quelques constats

"La France a atteint le seuil à partir duquel l’enseignement supérieur s’impose comme un vecteur essentiel
de croissance vers la fin des années 70..

Alors que la France atteignait le niveau de développement qui rendait
l’investissement dans l’enseignement supérieur économiquement plus nécessaire que celui dans le primaire
et le secondaire, le choix a en effet été fait de maintenir l’accent sur ces deux derniers secteurs, qui ont connu
une augmentation de la dépense annuelle par élève largement supérieure (+95 % pour le primaire et +74 % pour
le secondaire, contre +22 % pour le supérieur40).

Le système d’enseignement supérieur français :
• accueille moins d’étudiants (en pourcentage d'une classe d'âge)  que le système universitaire américain, alors qu’il est largement gratuit ;
• produit en moyenne davantage de non-diplômés alors que les étudiants français travaillent moins
que leurs collègues américains ou européens pour financer leurs études ;
• est l’un des moins visibles, deux établissements d’enseignement supérieur français seulement
figurant dans le classement des 100 premières universités mondiales réalisé par l’université de Shanghai."

D'où l'une des recommandantions du rapport:

"RECOMMANDATION N°54 : Accroître l’effort en matière d’enseignement supérieur de 0,5 point de PIB, soit
environ 8,5 Md €, en en réservant le bénéfice à des actions de promotion de nouvelles filières, de restructuration
du système d’enseignement supérieur et de promotion de l’excellence."

Depuis 30 ans, on a  systématiquement poursuivi une politique dont chacun sait qu'elle est à contre-sens ( en particulier pour la répartition de l'effort financier entre le primaire, le secondaire et le supérieur). Tous les responsables de bonne foi le reconnaissent, et pourtant rien ne change. Dans un autre contexte, Jean-François Revel aurait parlé de connaissance inutile. Mais ici il ne s'agit pas de controverse entre l'information et sa falsification qui l'emporterait sur la vérité. Malgré les efforts de quelques uns pour nous faire croire que tout va bien, chacun sait que la qualité de notre enseignement se dégrade d'année en année.

En fait cette question de l'enseignement illustre parfaitement l'économie de l'immatériel. Celle-ci est faite d'excellence dans l'exécution des processus. L'exemple français le montre depuis 30 ans, il ne sert à rien de posséder les données et d'avoir le bon diagnostic si l'on n'a pas la volonté et surtout la capacité d'exécuter et de faire accepter les réformes qui s'imposent.

Accroître l'effort de 0,5 point de PIB, pourquoi pas ? C'est certainement nécessaire, en supposant que l'on puisse trouver les ressources budgétaires. On constate aussi que les augmentations massives de dépense dans l'enseignement primaire et secondaire n'ont pas eu de résultats miraculeux. Il ne suffit pas d'allouer des ressources supplémentaires, c'est relativement facile, il faudra aussi avoir le courage et l'habileté  pour faire accepter les réorganisations nécessaires qui sont également bien connues (voir pages 156 et suivantes du même rapport)

La politique, comme l'économie de l'immatériel est un art tout d'exécution.

 

Petit message personnel : Relâche pour ce blog jusqu'au début 2007.

Joyeux Noël et bonne année à tous,

René 

Commentaires

- Pour avoir enseigné dans le supérieur, je dois reconnaître que les conditions de travail ne sont pas dignes et qu'il n'est pas normal que nomhre d'enseignants et de collaborateurs soient à peine payés plus qu'une femme de ménage (qui est un métier honorable) et moins que certains planqués dans des administrations... Les locaux sont souvent inachevés, insalubres et parfois insécurisés. Remarque en passant, cela est vrai aussi de certains organismes de formation dans les entreprises.
Mais plus grave, il règne encore, dans le monde universitaire notamment, une idéologie rampante qui consiste à penser que la collaboration avec le monde économique, industriel et commercial, relève d'une prostitution de l'esprit.
Heureusement, il y a (encore) de bonnes bibliothèques.
L'argent est indispensable, mais la transformation des mentalités également, au sein de l'université...

Écrit par : Nicorazon | 02/01/2007

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