Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/12/2006

Nicolas Hulot et l'énergie

medium_Ptolemee.3.jpgPensant encore à la discussion entre Nicolas Hulot et Jacques Attali sur le réchauffement de la planète (voir mon article précédent), je me suis livré à un petit exercice historique que je vous livre ci-dessous. On y verra la place de l'énergie dans ce balancement entre le fini et l'infini.

Le monde antique

L'antiquité vivait dans un monde fini dont la Terre était le centre, autour duquel tournait le soleil, les étoiles et mêmes les autres planètes connues (Marc, Jupiter,...). 

La Terre elle-même était très largement inconnue et réduite aux pourtours de la Méditerrannée. Voici donc un monde fini, où les hommes vivant sur différents continents encore séparés par des océans infranchissables, ne connaissaient pourtant pas les limites de leur propre planète. 

Pour les Grecs, la sagesse consiste à trouver sa place dans un monde harmonieux et fini. Pour l'antiquité, la question de l'énergie ne se pose même pas. Elle est solaire ou animale, et l'on se chauffe au bois.

 

 

 

 

La Renaissance  medium_copernican_universe.2.gif

En 1522, Juan del Cano achève le tour du monde et l'expédition de Magellan. Au moment même où l'homme commençait à découvrir l'entièreté de sa planète, Copernic terminait son oeuvre majeure, Des révolutions des sphères célestes, achevée vers 1530. Désormais, la Terre ne serait plus qu'une planète quelconque au sein d'un système solaire lui aussi tout à fait banal. Nous voici dans un monde, où avec Pascal, « le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie ». La Terre n'est plus le centre d'un monde harmonieux où l'homme doit s'insérer.

Ayant enfin réussi à déchiffrer quelques énigmes, comme la pesanteur et le mouvement des planètes, l'homme n'a plus peur que le ciel lui tombe sur la tête. C'est maintenant lui-même qui devient le centre et d'ailleurs maître de sa Terre, au milieu d'un cosmos infini qu'il ne pourra jamais atteindre. Au moment de la Renaissance, la question de l'énergie n'a pas beaucoup évoluée et l'on commence tout juste à extraire le charbon.

 

Le XXéme siècle

Aujourd'hui, l'exploration de la planète est terminée depuis longtemps. Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'homme est bien le maître de cet espace clos. Pour autant, il se comporte comme si les ressources naturelles en étaient infinies. C'est ainsi que toute l'économie moderne depuis le XIXème et surtout le XXème siècle est bâtie sur une disponibilité infinie de l'énergie, pour un très faible coût. Cette énergie est très largement basée sur la consommation de carburants fossiles.

Pendant ce temps, l'information est restée rare. Elle était rare pour des raisons de coût et de faible disponibilité du support (papier). Elle était également rare, car contrôlée, voire censurée pour une grande partie des habitants de cette planète.

L'explosion de l'information est une conséquence de l'électronique (Radio et télévision), et maintenant de l'informatique et donc d'Internet. Les tentatives de contrôle ou de censure sont vouées à l'échec à très court terme.

 

Et maintenant,

Internet, aujourd'hui, est en lecture/écriture. Les sources d'information deviennent innombrables avec le phénomène du « User Generated Content ». C'est au moment même où la quantité d'information va devenir infinie, que l'énergie se raréfie.

medium_Power_supply.jpg

Il n'est pas exagéré de dire que nous vivons un autre renversement de perspective, souvent décrit comme le passage à une société de l'information. Jacques Attali voit donc bien l'ouverture de de cette société de l'information (dans l'idéal, elle  se transformera en une société de la connaissance). Mais cette société de l'information ne fonctionne pas sans énergie, et il serait paradoxal que l'infini de l'information soit freinée par le fini de l'énergie.

On voit, que malgré notre aveuglement, des progrès remarquables ont pu être faits dans l'industrie automobile. On en est à 5 litres au 100 km pour une petite voiture et autour de 10 litres aux 100 km pour une grosse, soit près de deux fois moins qu’il y a 40 ans.

Jusqu'à aujourd'hui, rien n'a été fait pour prendre en compte la consommation d'énergie dans la fabrication des équipements informatiques. Restons donc optimiste, car si l'on prend conscience du problème, on peut  s'attendre à de gros progrès dans ce domaine.

Les commentaires sont fermés.