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27/11/2006

Emission de CO2 : Les serveurs et la bagnole

Nicolas Hulot était l'invité de France Europe Express hier soir sur France3. Il a bien sûr beaucoup parlé de l'inéluctable réchauffement de la planète, et du gaspillage de l'énergie. A ce propos, Jacques Attali, également présent, se réjouit que les avancées technologiques arrivent juste à point, pour remplacer des déplacements physiques qui deviendront de plus en plus coûteux. Il parlait bien sûr à l'ensemble des structures télécom qui peuvent nous éviter de nous déplacer : les video conférences plutôt qu'aux réunions sur place, travail à distance, ...

Par hypothèse, il pense que l'informatique est plus économe que l'ancienne économie. Est-ce si sûr?  D'après Jonathan Schwartz, l'émission ce CO2  nécessaire au fonctionnement énergétique de l'ensemble des serveurs, équivaut à celle de l'ensemble du parc automobile chinois (6 millions de voitures vendues en 2005, au moins 30 millions en circulation).

Cette prise de conscience est extrêmement récente, mais les données s'accumulent:

- "For the most aggressive scenario (50 percent annual growth rates), power costs by the end of the decade would dwarf server prices" affime Luiz André Barroso de Google, dans cette étude.

- Michelle Bailey d'IDC "says U.S. companies spent approximately $5.8 billion powering servers in 2005 and another $3.5 billion or more keeping them cool. That compares with approximately $20.5 billion spent purchasing the equipment" dans cette autre étude.

Je ne vais pas ici m'engager dans un débat, pour savoir qui est le principal responsable du réchauffement de la planète, entre le gaz carbonique ou un nouveau cycle climatique indépendant de l'action de l'homme. Il est incontestable, de toutes façons, que nous vivons dans un monde fini, et que nous ne pouvons plus continuer à consommer l'énergie et les matières premières comme dans un modèle à ressources infinies.

Il va donc falloir prendre en compte l'énergie physique dans les paramètres d'optimisation des "data centers". Il n'y a guère le choix, et de toutes façons les factures d'électricité seront là pour nous le rappeler. Heureusement, là aussi les solutions techniques arrivent.

Solution technique par serveur

- Les processurs multicoeurs s'imposent rapidement, contre des montées énergivores en fréquence d'horloge , qui étaient de toutes façons devenues inefficaces

- De multiples solutions de consolidations sont disponibles dans le monde Unix, LPAR, VPAR NPAR, ou zones Solaris

- Pareil dans le monde PC avec Vmware, Xen , Microsoft Virtual Server et toujours les zones Solaris

- Et surement plein d'autres ...

 

Solution technique et organisationnel sur l'ensemble du parc

Aujourd'hui, un serveur "bien utilisé" tourne en moyenne à 15% de sa puissance nominale. Il est vrai que le dimensionnement de l'infrastructure est calculé par rapport à un temps de réponse, à garantir pendant les pics de charge. Rationnaliser cette infrastructure passe aussi par la mise en commun des ressources CPU au niveau de l'ensemble des serveurs.

Au lieu de réserver un ensemble fixe de ressources CPU par application, il est possible de provisionner chacune de ces applications suivant ses besoins du moment. On utilise des pools de serveurs banalisés qui sont configurés à la volée pour servir telle ou telle application.

Pour revenir au transport, l'esprit de ce genre de technique est finalement très proche du co-voiturage. En cas de problème, le co-voiturage s'organise spontanément, puis chacun reprend ses habitudes. Il est clair que ces habitudes vont changer, pour les transports comme pour la gestion de l'informatique.

Ce n'est pas une économie de pénurie qu'il faut organiser, mais juste un petit peu d'intelligence, pour moins de gaspillage.

24/11/2006

Vous m'en mettrez 400 pages!!

 

Nous venons de remettre notre réponse à un RFI (Request For Information). Le client a paru soulagé de la "relative" minceur de notre dossier qui ne fait que 130 pages. Un des soumissionnaires a fait une réponse de plus de 400 pages!!  Mauvais point dixit le client..., et ce n'est pas ça qui va l'aider.

Pourquoi s'obstine-t-on à croire que l'on va gagner un dossier au poids?

Vous m'en mettrez 400 pages!! Ca fait sérieux et montre qu'on a beaucoup travaillé. En fait, les décideurs ne lisent que le résumé, le fameux "exec summary". C'est ce résumé qui doit faire l'objet du plus de soin. Ce n'est pas toujours le cas car il doit être écrit à la fin, et tout le monde est fatigué.

Henri Kaufman me signale amicalement que mes billets sont un peu longs, sur ce blog. Il a sans doute raison. Du coup je m'arrête là pour celui-ci.

Bon week-end

23/11/2006

Le Web 3.0 n'aura pas lieu

J'aime beaucoup Christophe Lauer, et il donne le bon truc pour faire fortune avec le Web 2.0. La place est prise pour le 2.0. Tous à l'assaut du 3.0 (il n'y aura pas de 2.5).
Beaucoup le savent, le nommage d'un phénomène ou d'un concept est une assurance de renommée et de fortune. Bill Inmon vit encore sur le concept de DataWarehouse qu'il a théorisé, Tim O'Reilly avec son Web 2.0 est bien parti sur la même voie.

Quelques suiveurs sans imagination tentent déjà leur chance avec un Web 3.0.

 

1.0

Je n'ai rien compris au Web 1.0 (qui n'avait pas de numéro de version). A l'époque, je disposais depuis longtemps de toute la documentation nécessaire, exportée par des serveurs NFS. Ce modèle "one to many" me satisfaisait complètement, et je n'ai pas vu l'intérêt de passer par un browser pour ouvrir un document statique, auquel j'avais déjà accès, dans mon arborescence locale montée sous NFS. C'est que ma vision était purement technicienne, qui ne comprenait pas que la révolution n'était pas dans le moyen d'accès, mais dans l'ouverture de cet accès, en lecture,  au monde entier. 
La désignation de Web était partiellement inexacte pour décrire ce phénomène. Le terme de toile décrit un modèle géométrique, en réseau,  "many to many" qui n'existait pas encore à cette époque. Au moment du Web 1.0, l'entreprise était en avance sur le grand public.

 

2.0

Le Web 2.0 est une vraie toile, où tous les noeuds ont potentiellement le même rôle et le même poids, et c'est l'usager qui est en avance sur le monde de l'entreprise. Comme chacun le sait, il s'agit maintenant d'un Web en lecture-écriture. L'utilisateur en crée le contenu, au moins à part égale avec les entreprises économiques et les institutions. Celles-ci continuent néanmoins à en tirer l'essentiel du profit économique. A terme, ce partage inégal annonce des tensions sur le modèle.

L'information étant maintenant produite partout, et non plus sur quelques sites institutionnels peu nombreux, la recherche est re-devenue primordiale. Et c'est ce qui fait le succès de Google, comme en témoigne l'interview de ses fondateurs dans Playboy en 2004:

"BRIN: Ironically, toward the end of the 1990s most of the portals started as search engines. Yahoo was the exception, but Excite, Infoseek, HotBot and Lycos began as search engines. They diversified and didn’t take searching as seriously as they should have. Searching was viewed as just another service, one of 100 different services. With 100 services, they assumed they would be 100 times as successful. But they learned that not all services are created equal. Finding information is much more important to most people than horoscopes, stock quotes or a whole range of other things—which all have merit, but searching is substantially more important. They lost sight of that. It’s why we started Google in the first place. We decided that searching is an important problem that requires serious concentration. That continues to be our focus."

Le meilleur moteur de recherche pour démarrer, et surtout la meilleure régie publicitaire pour prospérer, font donc la bonne recette.  Pour le moteur comme pour la régie, c'est l'utilisateur qui crée l'information que Google rendra "intelligente" pour tous, et profitable pour lui-même.  Le Web 1.0 reflétait une diffusion de l'information de quelques uns vers tout le monde. Dans un modèle achevé, le Web 2.0 est une création/diffusion de l'information dans tous les sens et sans hiérarchie. Tout a changé de ce point de vue, sauf le pouvoir économique qui reste entre les mêmes mains.

 

Un faux 3.0

Un Web 3.0, sémantique, n'est qu'une continuation de ce modèle. Le billet de Fred Cavazza,  "Vers un Web 3.0", décrit bien cela. Il est bien plus subtil que son titre pourrait le laisser croire. Néanmoins ces technologies ne sont que des améliorations d'un existant à peine digéré alors que  le 2.0 est un vrai retournement de perspective.

Ce Web 3.0 n'aura pas lieu, parce qu'il n'est qu'une prolongation des courbes, et qu'il ne crée pas de nouveau paradigme.

 

Rendez-vous en 2010

Au petit jeu des prévisions, je vous propose les miennes:

- Le Web 3.0 ne portera pas ce nom, même si la composante Web sera partie prenante du nouveau modèle,

- Il apparaîtra en 2010, après un cycle de 5 ans de Web 2.0,

- Il est en train de germer en ce moment, plus probablement à Hong Kong ou à Bombay qu'à Stanford,

- Il sera orienté processus, et vie de l'information, de sa création, à ses modifications jusqu'à sa mort. Nous ne traitons aujourd'hui que d'information statique, sans vision du processus qui l'a créée puis transformée,

- Si l'information est un vrai pouvoir, celui-ci se ré-équilibrera, sous sa forme économique, entre les mains des usagers au détriment des entreprises capitalistiques.

Vaste programme...

20/11/2006

Un scénario à la Myahoo

Une fuite organisée

Yahoo n'a pas le moral, et l'on ne parle plus que de la fuite organisée par l'un de ses VP, sous la forme du memo dit du "peanut butter". Dans un contexte bien différent, il est vrai, on se souvient comment Antoine Zacharias fut contraint de démissionner à la suite des fuites orchestrées par son second. Ce n'est surement pas bon signe pour la direction de Yahoo que ce Brad Garlinghouse, que je ne connais pas,  proclame tout ce qui ne va pas, selon lui, chez Yahoo. Les rumeurs repartent donc, d'une fusion/rachat Microsoft Yahoo. Certains proposent Yasoft, je trouve Myahoo plus mignon et plus approprié à l'image, comme à la situation du chasseur et de la proie.

Les recettes classiques

Ce qui m'intéresse dans ce memo est qu'il contient un vrai concentré de management à l' américaine :

- On commence par du positif (toujours un peu outrancier): "Three and half years ago, I enthusiastically joined Yahoo!... "

- Echouer n'a pas d'importance si l'on sait rebondir : "A reminder that the measure of any person is not in how many times he or she falls down - but rather the spirit and resolve used to get back up. "

On ne juge pas quelqu'un au nombre de ses échecs, mais plutôt à la manière dont il est reparti de l'avant. On rêve de ce type d'attitude, ici en France!!

- Regarder la réalité en face : "We lack a focused, cohesive vision for our company...We are separated into silos that far too frequently don't talk to each other. And when we do talk, it isn't to collaborate on a clearly focused strategy, but rather to argue and fight about ownership, strategies and tactics."

Nous n'avons pas de vision cohérente pour cette compagnie. Nous sommes séparés en silos qui ne se parlent pas. Et quand on se parle, ce n'est pas pour travailler ensemble à une stratégie claire, mais pour discuter et se battre à propos de "qui fait quoi", de stratégie et de tactique.

- Et donc un plan d'action:

1. "Focus the vision" : Concentrer les objectifs
2. "Restore accountability and clarity of ownership" : Clarifier la responsabilité des actions et des objectifs
3. "Execute a radical reorganization" : La REORG!!!

- Et voilà notre Robespierre qui entre en action:

"We need to boldly and definitively declare what we are and what we are not" Nous devons affirmer hardiment et definitivement ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas.

"Existing business owners must be held accountable ...-- heads must roll," Les responsables business doivent être tenus pour responsables.. Des têtes doivent rouler (de l'échafaud)

"We must reduce our headcount by 15-20%". Il faut réduire le nombre de postes de 15 à 20%

Myahoo

Encore une fois, je ne connais pas Brad Garlinghouse. Dans ce memo,

- il y a le meilleur: Rester positif, et toujours cette formidable volonté de rebondire

- et le plus banal : des "tough decisions", des têtes doivent tomber, réduire le nombre de postes

Brad Garlinghouse illustre parfaitement ce qu'il dénonce chez les autres, c'est à dire l'énergie dépensée à gérer les luttes de pouvoir, en essayant de se faire bien voir par les analystes financiers. Car, qu'y a-t-il de spécifique à Yahoo dans ce type de plan de relance que l'on a déjà vu partout?  Tout ça est juste du copier/coller de de n'importe quel ambitieux, dont la seule idée concrète sera de virer ceux qui le gênent.

Vous voulez lire un vrai plan d'action, construit, argumenté et lucide, lisez "The Internet Services Disruption" de Ray Ozzie, le CTO de Microsoft. Le memo est disponible ici.

Il y a des jours où l'on en a tellement marre de la googlemania, que l'on aimerait bien que Yahoo se redresse. Ce n'est pas avec ce Brad Garlinghouse qu'ils y arriveront. Au delà de la puissance financière, il semblerait bien que l'on soit beaucoup plus lucide chez Microsoft, qui par ailleurs ne porte pas si mal.  

Alors pourquoi pas ce scénario annoncé à la Myahoo?

18:51 Publié dans Business, Web | Lien permanent | Commentaires (2)

17/11/2006

Une biographie des Rolling Stones

Cette biographie des Stones est parue en 2002, parue en livre de poche en 2004. François Bon a aussi un blog, que je viens de découvrir, où il publie  ses travaux littéraires. C'est l'occasion de parler d'un chef d'oeuvre.

François Bon a écrit LA biographie des Rolling Stones.  Il fallait un véritable écrivain pour sortir le greatest rock'n roll band in the world de tous ses clichés. Et pourtant, vous les aurez tous. La rencontre de Mick et Keith parce qu'ils aimaient tous les deux Chuck Berry; mais non ce n'était pas si exotique que ça à l'époque. L'année 1963,  et comment en un an, ils passent de leur bauge d'Edith Grove aux hurlements des filles. La suite est si connue, de Satisfaction à la mort de Brian Jones, jusqu'aux montagnes d'héroïne de l'enregistrement d'Exile on Main Street. On est alors presque à la fin du livre, quand il leur reste encore plus de 30 ans à ramasser les dollars de leur légende ( et ce n'est pas fini) .

Toute cette histoire, c'est la prise de pouvoir de Keith Richards qui était un mauvais guitariste, timide, "boring", et que Brian Jones a accepté parce qu'il fallait bien, parce qu'il avait besoin d'un chanteur, et que le chanteur n'allait pas sans son copain bourré d'acné.  Dès qu'on parle des Rolling Stones, on ne parle plus que de Keith. François Bon sait que le patron c'est Mick Jagger, que la légende c'est Keith, mais il ne tombe pas dans le piège de sous estimer les autres.

Il remet Brian Jones à sa place, qui n'est pas la première, mais qui fut le fondateur, avant d'être dépassé par son oeuvre. Mick Jagger a tout senti de son époque, il s'est retrouvé le porte parole d'un mouvement qu'il n'avait pas prévu. Il ne s'est jamais pris pour un poète, et pourtant ses textes vont bien au delà d'un Jim Morrison, tellement boursouflé (c'est le cas de le dire). Et les deux silencieux, c'est bien simple, les Stones n'ont commencé à décoller que quand Bill Wyman, et surtout Charlie leur ont apporté leur expérience de vrai musicien.

Pour écrire sur le Rock'n Roll, il  y a deux solutions. Il y a l'envers du rock, de Nick Kent, vous y trouverez tous les magnificent loosers, de Syd Barrett à Kurt Cobain en passant par cet abruti de Sid Vicious. Ils sont tous morts d'être tombé dans le piège du poète maudit, qu'il croyait nécessaire à leur gloire,  constamment manipulé par une partition noire qu'ils n'ont pas écrite.  C'est facile d'être une légende en mourant jeune.

Les Rolling Stones sont vieux. Il y a longtemps que ce n'est plus que du business, et musicalement, ils n'intéressent plus personne. C'est là que le livre de François Bon devient nécessaire. Quand la musique est morte, et que l'incandescence primitive est noyée sous les dollars, il reste les Rolling Stones, parce qu'ils ont toujours été plus forts que cette même partition qu'ils ont un peu écrite, souvent sans en être conscient.

François Bon est lui aussi constamment meilleur que son sujet, et je parierais que Keith Richards est resté très "boring". Peut-on s'intéresser aux Stones quand on a moins de 40 ans?   

"Le terme de mécanique appliqué à la machine humaine lorsqu'elle mêle d'extrêmes situations personnelles à des points de crête où se jouent dans les mains de quelques hommes le virage presque entier du monde revient à Saint-Simon dans son démêlage noir de l'agonie du grand siècle. Son fils était marquis de Ruffec, où lui-même dormit en se rendant à son ambassade d'Espagne. À Ruffec aussi, sur la côte d'Angoulême (du temps que c'était encore à la littérature de compter pour le mythe) que Lucien de Rubempré attendit sa Bargeton, et que le 6 mars 1967 j'ai pour la première fois croisé Keith Richards face à face."

A ce moment là, Keith Richards s'apprête à évincer définitivement Brian Jones à la tête des Rolling Stones ( et dans les bras d'Anita Pallenberg ).  Que ceux qui ne le croiseront plus jamais lisent le  livre de François Bon.  Ce n'est pas pour rien qu'il évoque Saint-Simon, et c'est après la lecture du petit duc qu'il s'est lancé dans cette biographie. Ce livre survivra aux Rolling Stones, commes les Mémoires ont sublimé les grandeurs et servitudes de la cour du Roi.

14:52 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

14/11/2006

Un ERP ITIL

Les processus ITIL sont font maintenant partie de l'outillage standard de tout DSI. Les retours d'expérience commencent à être disponibles. Comme avec toute méthodologie, c'est la qualité et l'implication des personnes qui fait la différence.

Pour ceux qui ont connu la vogue des ERP à la fin des années 90, la ressemblance est frappante. Comme pour les ERP, l'outillage technique est le support de la remise en question de l'ensemble des processus métier de l'entreprise. Ce support est un prétexte, mais c'est aussi un référentiel extrêmement contraignant, par nature et par volonté, qui héberge un ensemble de bonnes pratiques reconnues par les industries concernées. Comme pour les ERP, on peut commencer par des processus relativement simples ( pour les ERP c'était l'administration des ventes, celle que l'on retrouve aujourd'hui sur les offres Web 2.0 comme celle de Salesforce.com, dont j'ai déjà parlé dans ce blog). Comme pour les ERP, la valeur ajoutée s'apprécie, au fur et à mesure de l'intégration d'un maximum de processus dans ce moule.

La classification, probablement appelée à devenir classique, de Andrew McAffee,  distingue 3 types de services IT:

- Function IT, pour les services rendus sur le poste individuel. Pour faire simple, on peut dire que c'est très largement le monde Microsoft, CAO, et autre logiciels de type station de travail

- Network IT représente bien sûr la super star actuelle sous le nom générique de Web 2.0

- Enterprise IT, dont l'esprit est complètement opposé à l'inspiration sous-jacente au Web 2.0. Dans cet espace EIT, il ne s'agit sûrement pas de créativité ni de valeur ajoutée par l'utilisateur. Nous sommes ici dans un monde de procédures à implémenter puis à respecter.

On l'a deviné, ITIL fait partie du monde contraignant de  l'Enterprise IT. Les composants du système d'information (CI),  le référentiel (CMDB) , et la démarche ITIL ressemblent furieusement aux projets ERP des années 90. Alors, pourquoi ne pas profiter des retours d'expérience ERP, pour mettre en place cette méthodologie, et les offres associées (chez BMC, CA ou HP par exemple). Traiter ITIL, comme on a investi sur les ERP, est peut être une méthode pour mettre en valeur l'IT. On  considère trop celle-ci, uniquement comme une charge, une "utility" de même nature que le chauffage et l'électricité.

En attendant, je m'inscris au jeu Airport Simulation. On y pratique ITIl, et on apprend plein de choses sur la nature humaine dans ce jeu de rôles extrêmement révélateur.

J'espère vous y retrouver!!

09/11/2006

De la méthode globale

 

en géométrie,

Soit le triangle quelconque ABC,...
....démontrez que ce triangle est égal au triangle DEF.

Qui n'a pas souffert avec ces problèmes de géométrie pendant les années de collège. La tentation est alors grande, de choisir pour support de sa démonstration un triangle particulier, dont les caractéristiques nous arrangent, par rapport à la démonstration demandée. Naturellement cela ne trompe pas le professeur, mais peut éviter la honte de rendre une copie blanche.

On sait, et on nous a appris que l'on doit utiliser pour la démonstration un triangle quelconque. Pourtant, ce triangle quelconque va se trouver dessiné concrètement sur notre copie en tant que triangle tout à fait réel, particulier et à vrai dire unique. C'est que je m'interdirais, dans ma démonstration, d'utiliser les caractéristiques uniques de ce triangle comme les dimensions de ses côtés ou de ses angles. Je ne raisonnerais sur ce triangle, que pour illustrer ma démonstration, et en me servant uniquement des caractéristiques de tous les triangles dont celui-ci n'est alors qu'un exemplaire quelconque. On utilise donc le concept global de triangle dans la connaissance mathématique. Celle-ci considère le général dans le particulier.

 

et en orthographe,

Ce type de raisonnement est loin d'être naturel pour les enfants, et les philosophes ont mis des siècles à résoudre ce paradoxe de l'utilisation d'un triangle particulier qui pourtant  peut démontrer une règle universelle.

Mes enfants, comme tant d'autres, ont du mal avec l'orthographe. Il y a des règles générales que l'on doit appliquer à des cas particuliers. Pour apprendre le pluriel, on expliquera que l'on rajoute un "s" à la fin des noms et des adjectifs. "La pomme est verte" devient "les pommes sont vertes". En général, au bout de plusieurs répétitions, l'enfant ne se trompe plus et écrit correctement "les pommes sont vertes". Pour des parents impatients, on est toujours supris et déçu, qu'à l'exercice suivant "les tomate sont rouge" sans "s". C'est que la notion de concept du pluriel n'a pas été comprise par l'enfant.

On s'épuiserait, et on découragerait l'enfant à vouloir lui apprendre le pluriel par une méthode globale d'explication conceptuelle. C'est par la multiplication des exemples particuliers des pommes vertes, des tomates rouges et des bananes jaunes que la règle générale du pluriel sera apprise, (mais pas encore comprise). On utilisera plutôt une accumulation de cas particuliers pour en faire déduire à l'enfant la règle générale. C'est donc par une méthode intrinsèquement fausse, que l'enfant apprendra le mieux l'orthographe. C'est pourtant cette méthode fausse qui est la plus efficace. Après, il devra jongler avec les exceptions...Et c'est cette même méthode des cas particuliers qui lui sera reproché plus tard pour son devoir de géométrie. Le professeur de maths aura beau jeu, et raison, de lui dire que la démonstration pour 1 triangle, pour 10 ou pour 100 ne peut valoir preuve pour tous les triangles.

 

Il ne faut pas espérer étendre à d'autres domaines que les sciences, la connaissance mathématique par construction de concepts. On a voulu faire  appliquer une méthode scientifique rigoureusement exacte à des sujets qui ne le sont pas. C'était raisonner avec un cerveau d'adulte qui sait ce qu'est un concept. L'enfant, lui, n'a que des expériences particulières. La connaissance scientifique lui viendra maladroitement, et par un chemin détourné, comme dans l'histoire des hommes.

22:05 Publié dans Humeur, Philo | Lien permanent | Commentaires (0)

07/11/2006

Je vous écris depuis Solaris 10

Et autant le dire tout de suite, ce papier est plutôt favorable à mon employeur actuel: Sun MicroSystems. Je vous écris depuis Solaris 10 sur un PC portable Toshiba.


root@port-rdebeauregard:/usr/sbin # uname -a

SunOS port-rdebeauregard 5.10 Generic_118844-26 i86pc i386 i86pc


Un Solaris10 gratuit que l'on peut télécharger ici. Et, si l'on veut participer au projet OpenSolaris, c'est ici.


Je vous écris avec StarOffice8, pour mon blog, auquel je pourrais accéder avec Firefox 2.0 pour Solaris10, disponible ici.


Les bloggeurs ne parlent guère de Solaris. Ils se contentent trop souvent du duo Windows Linux avec parfois une touche de MacOs pour quelques passionnés. C'est vrai que la stratégie de Sun pour les architectures x86 a été longtemps assez vaseuse. La vague Linux est arrivée sans que les dirigeants de Sun n'y voient rien. Ils étaient trop concentrés sur l'architecture Sparc, qui généraient le principal des revenus. Scott McNeally, lui-même, a reconnu son erreur, d'avoir laissé tomber pendant quelque temps les versions Solaris sur x86. Tout cela a été corrigé, et maintenant, les deux versions Solaris sont développées et maintenues au même rythme.

Longtemps mal comprise, la stratégie Solaris de Sun m'apparaît maintenant de plus en plus comme étant la plus féconde, à la fois en terme de valeur pour le client que pour la communauté.

Oracle, Microsoft et Novell

Pendant ce temps, ça secoue dans le monde Linux. Les deux géants du logiciel Microsoft et Oracle prennent des positions agressives vis à vis de RedHat.


Oracle propose un support pour un « unbreakable Linux » pour un prix beaucoup moins élevé que l'offre RedHat. Larry Ellison est un habitué de ce genre de coup médiatique. On verra s'il y a vraiment quelque chose derrière.


Dans un autre genre, Microsoft et Novell signent un accord de coopération.

« Le dernier axe de développement commun concerne la compatibilité des formats de document, afin d'améliorer l'interopérabilité entre les applications bureautiques...» Ca c'est l'accord avec Novell.

On se souvient peut-être que Microsoft et Sun avaient signé un accord similaire en 2004.

« Les deux groupes ont également conclu des partenariats techniques, pour garantir une meilleure interopérabilité entre leurs produits... » Ca c'était l'accord Microsoft Sun

Un peu de bruit, pour un joli tas de dollars cash, et de bonnes intentions techniques. Je ne suis pas certain que ce nouvel accord soit un événement énorme pour l'industrie du logiciel. L'aspect juridique et financier est sûrement le moteur de cet accord en vue du futur procès SCO/IBM en 2007 à propos des droits sur les souches Unix.

Et Solaris

Néanmoins, le point commun à ces accords récents, est bien entendu la reconnaissance de la place de l'Open Source. Les deux plus gros éditeurs de logiciels propriétaires ne le combattent plus à front ouvert. Ils en prennent acte, et l'intègrent dans une stratégie de contournement.

L'autre point commun à tous ces accords est l'importance accordée par tous ces grands acteurs, à la couche du système d'exploitation. Pour en revenir à Sun et Solaris, si la question du maintien de la souche x86 a pu se poser, il n'a jamais été question de désinvestir au niveau de Solaris en tant que tel. La stratégie OpenSource de Sun apparaît de plus en plus clairement. Elle cherche à concilier ce qui peut paraître incompatible, ouvrir le code Solaris auprès de la communauté OpenSource tout en garantissant les droits de propriété intellectuelle, et la stabilité à long terme de la technologie et de son support.

L'attaque d'Oracle, qui se fiche pas mal de la communauté, met en danger le modèle économique de Redhat. L'accord Microsoft Novell jette le doute d'un point de vue juridique et de la protection des droits intellectuels, envers les autres distributeurs Linux.

Au milieu de tout cela, Sun dispose des droits intellectuels sur Solaris. Solaris reste la référence Unix, à la fois sur architecture Sparc, et maintenant sur architecture x86, et même PowerPC (vous avez entendu parler de Polaris?).

Sun a aussi mettre le code Solaris (et tout le software Sun à terme) en OpenSource, pour diffuser sa technologie, et faire profiter la communauté des développeurs et de ses clients de la force de ce mouvement.


Finalement, après bien des années dfficiles, c'est peut-être un bon choix de continuer avec Sun!

En plus Jonathan Schwartz nous annonce une semaine prochaine pleine d'annonces.


Je n'en sais pas plus, mais,  « stay tuned... », comme ils disent.