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27/11/2006

Emission de CO2 : Les serveurs et la bagnole

Nicolas Hulot était l'invité de France Europe Express hier soir sur France3. Il a bien sûr beaucoup parlé de l'inéluctable réchauffement de la planète, et du gaspillage de l'énergie. A ce propos, Jacques Attali, également présent, se réjouit que les avancées technologiques arrivent juste à point, pour remplacer des déplacements physiques qui deviendront de plus en plus coûteux. Il parlait bien sûr à l'ensemble des structures télécom qui peuvent nous éviter de nous déplacer : les video conférences plutôt qu'aux réunions sur place, travail à distance, ...

Par hypothèse, il pense que l'informatique est plus économe que l'ancienne économie. Est-ce si sûr?  D'après Jonathan Schwartz, l'émission ce CO2  nécessaire au fonctionnement énergétique de l'ensemble des serveurs, équivaut à celle de l'ensemble du parc automobile chinois (6 millions de voitures vendues en 2005, au moins 30 millions en circulation).

Cette prise de conscience est extrêmement récente, mais les données s'accumulent:

- "For the most aggressive scenario (50 percent annual growth rates), power costs by the end of the decade would dwarf server prices" affime Luiz André Barroso de Google, dans cette étude.

- Michelle Bailey d'IDC "says U.S. companies spent approximately $5.8 billion powering servers in 2005 and another $3.5 billion or more keeping them cool. That compares with approximately $20.5 billion spent purchasing the equipment" dans cette autre étude.

Je ne vais pas ici m'engager dans un débat, pour savoir qui est le principal responsable du réchauffement de la planète, entre le gaz carbonique ou un nouveau cycle climatique indépendant de l'action de l'homme. Il est incontestable, de toutes façons, que nous vivons dans un monde fini, et que nous ne pouvons plus continuer à consommer l'énergie et les matières premières comme dans un modèle à ressources infinies.

Il va donc falloir prendre en compte l'énergie physique dans les paramètres d'optimisation des "data centers". Il n'y a guère le choix, et de toutes façons les factures d'électricité seront là pour nous le rappeler. Heureusement, là aussi les solutions techniques arrivent.

Solution technique par serveur

- Les processurs multicoeurs s'imposent rapidement, contre des montées énergivores en fréquence d'horloge , qui étaient de toutes façons devenues inefficaces

- De multiples solutions de consolidations sont disponibles dans le monde Unix, LPAR, VPAR NPAR, ou zones Solaris

- Pareil dans le monde PC avec Vmware, Xen , Microsoft Virtual Server et toujours les zones Solaris

- Et surement plein d'autres ...

 

Solution technique et organisationnel sur l'ensemble du parc

Aujourd'hui, un serveur "bien utilisé" tourne en moyenne à 15% de sa puissance nominale. Il est vrai que le dimensionnement de l'infrastructure est calculé par rapport à un temps de réponse, à garantir pendant les pics de charge. Rationnaliser cette infrastructure passe aussi par la mise en commun des ressources CPU au niveau de l'ensemble des serveurs.

Au lieu de réserver un ensemble fixe de ressources CPU par application, il est possible de provisionner chacune de ces applications suivant ses besoins du moment. On utilise des pools de serveurs banalisés qui sont configurés à la volée pour servir telle ou telle application.

Pour revenir au transport, l'esprit de ce genre de technique est finalement très proche du co-voiturage. En cas de problème, le co-voiturage s'organise spontanément, puis chacun reprend ses habitudes. Il est clair que ces habitudes vont changer, pour les transports comme pour la gestion de l'informatique.

Ce n'est pas une économie de pénurie qu'il faut organiser, mais juste un petit peu d'intelligence, pour moins de gaspillage.

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