Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/11/2006

Une biographie des Rolling Stones

Cette biographie des Stones est parue en 2002, parue en livre de poche en 2004. François Bon a aussi un blog, que je viens de découvrir, où il publie  ses travaux littéraires. C'est l'occasion de parler d'un chef d'oeuvre.

François Bon a écrit LA biographie des Rolling Stones.  Il fallait un véritable écrivain pour sortir le greatest rock'n roll band in the world de tous ses clichés. Et pourtant, vous les aurez tous. La rencontre de Mick et Keith parce qu'ils aimaient tous les deux Chuck Berry; mais non ce n'était pas si exotique que ça à l'époque. L'année 1963,  et comment en un an, ils passent de leur bauge d'Edith Grove aux hurlements des filles. La suite est si connue, de Satisfaction à la mort de Brian Jones, jusqu'aux montagnes d'héroïne de l'enregistrement d'Exile on Main Street. On est alors presque à la fin du livre, quand il leur reste encore plus de 30 ans à ramasser les dollars de leur légende ( et ce n'est pas fini) .

Toute cette histoire, c'est la prise de pouvoir de Keith Richards qui était un mauvais guitariste, timide, "boring", et que Brian Jones a accepté parce qu'il fallait bien, parce qu'il avait besoin d'un chanteur, et que le chanteur n'allait pas sans son copain bourré d'acné.  Dès qu'on parle des Rolling Stones, on ne parle plus que de Keith. François Bon sait que le patron c'est Mick Jagger, que la légende c'est Keith, mais il ne tombe pas dans le piège de sous estimer les autres.

Il remet Brian Jones à sa place, qui n'est pas la première, mais qui fut le fondateur, avant d'être dépassé par son oeuvre. Mick Jagger a tout senti de son époque, il s'est retrouvé le porte parole d'un mouvement qu'il n'avait pas prévu. Il ne s'est jamais pris pour un poète, et pourtant ses textes vont bien au delà d'un Jim Morrison, tellement boursouflé (c'est le cas de le dire). Et les deux silencieux, c'est bien simple, les Stones n'ont commencé à décoller que quand Bill Wyman, et surtout Charlie leur ont apporté leur expérience de vrai musicien.

Pour écrire sur le Rock'n Roll, il  y a deux solutions. Il y a l'envers du rock, de Nick Kent, vous y trouverez tous les magnificent loosers, de Syd Barrett à Kurt Cobain en passant par cet abruti de Sid Vicious. Ils sont tous morts d'être tombé dans le piège du poète maudit, qu'il croyait nécessaire à leur gloire,  constamment manipulé par une partition noire qu'ils n'ont pas écrite.  C'est facile d'être une légende en mourant jeune.

Les Rolling Stones sont vieux. Il y a longtemps que ce n'est plus que du business, et musicalement, ils n'intéressent plus personne. C'est là que le livre de François Bon devient nécessaire. Quand la musique est morte, et que l'incandescence primitive est noyée sous les dollars, il reste les Rolling Stones, parce qu'ils ont toujours été plus forts que cette même partition qu'ils ont un peu écrite, souvent sans en être conscient.

François Bon est lui aussi constamment meilleur que son sujet, et je parierais que Keith Richards est resté très "boring". Peut-on s'intéresser aux Stones quand on a moins de 40 ans?   

"Le terme de mécanique appliqué à la machine humaine lorsqu'elle mêle d'extrêmes situations personnelles à des points de crête où se jouent dans les mains de quelques hommes le virage presque entier du monde revient à Saint-Simon dans son démêlage noir de l'agonie du grand siècle. Son fils était marquis de Ruffec, où lui-même dormit en se rendant à son ambassade d'Espagne. À Ruffec aussi, sur la côte d'Angoulême (du temps que c'était encore à la littérature de compter pour le mythe) que Lucien de Rubempré attendit sa Bargeton, et que le 6 mars 1967 j'ai pour la première fois croisé Keith Richards face à face."

A ce moment là, Keith Richards s'apprête à évincer définitivement Brian Jones à la tête des Rolling Stones ( et dans les bras d'Anita Pallenberg ).  Que ceux qui ne le croiseront plus jamais lisent le  livre de François Bon.  Ce n'est pas pour rien qu'il évoque Saint-Simon, et c'est après la lecture du petit duc qu'il s'est lancé dans cette biographie. Ce livre survivra aux Rolling Stones, commes les Mémoires ont sublimé les grandeurs et servitudes de la cour du Roi.

14:52 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.