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31/10/2006

Notre seule matière première

Qui possède les données de l'entreprise?


Décidément cette question du contrôle des données m'apparaît de plus en plus décisive parmi les différentes stratégies que l'on peut adopter. J'ai laissé un commentaire sur le blog de Louis Naugès qui propose habilement le concept de VPI (Virtual Private Internet).

Je ne sais pas si ce terme aura du succès. Les choix qu'il propose, faute d'être nouveau, auront peut-être un acronyme pour les désigner. C'est parfois ce type de nommage qui permet d'entraîner un mouvement. On voit comment il a suffi de suffixer le Web avec cette nouvelle version 2.0 pour accompagner et démultiplier un mouvement qui, sans cette désignation, serait peut-être resté embryonnaire, ou en tous cas moins rapidement repérable par les faiseurs d'opinion.


Aujourd'hui, deux acteurs, au moins, contrôlent les données de l'entreprise, les éditeurs et l'entreprise elle-même

Les éditeurs

Prenons une entreprise type, qui a fait le choix d'installer un ERP (SAP par exemple) dans les années 2000. Il y a gros à parier, qu'après plusieurs mois de projet, une bonne partie des données vitales de cette entreprise soient désormais vues et traitées à travers SAP. Par ailleurs, cette entreprise continue à générer quotidiennement des centaines de documents .doc, .xls ou .ppt. Autrement dit, ces grosses entreprises qui ont fait ce choix SAP à la fin des années 90, ou au début des années 2000, sont loin de pouvoir s'en séparer si facilement, au cas où elles le souhaiteraient. Dans cette entreprise représentative, SAP et Microsoft disposent d'un contrôle de fait sur les données.


Pour avoir gérer et effectuer par moi même des migrations SAP au niveau de l'Operating System et/ou de la base de données, je peux témoigner que l'opération est relativement aisée. Une base de données SAP de plus d'un To peut migrer d'un environnement Aix/DB2 vers un environnement Solaris/Oracle en un gros week-end de 48h. Quel que soit le couple Operating System/base de données, on peut aisément changer de fournisseur matériel et logiciel en ce qui concerne ces couches « basses ». Il n'y a donc pas de verrouillage au niveau des couches basses du système d'exploitation et de la base de données. Les migrations sont aisées et relativement peu coûteuses.


En revanche, migrer de SAP vers Oracle E-BusinessSuite, ou l'inverse, n'est pas un projet de migration. C'est un nouveau projet ERP pour lequel on ne pourra que recharger des données de l'ancienne application sans qu'aucun paramétrage ou développement ne soit récupérable. Quant à migrer son ERP vers des services Web 2.0, j'ai expliqué l'intérêt que je porte au modèle SalesForce. Pour autant, je ne suis pas sûr, et je suis même certain, que la couverture fonctionnelle de ce type d'offre est loin de pouvoir approcher ce que peut proposer un éditeur comme SAP. De toutes façons, les kits de migration n'existent pas et ils ne peuvent pas exister.


L'entreprise elle-même

Les données de l'entreprise, étant vues et exploitées à travers ce prisme des éditeurs logiciels, restent la propriété de l'entreprise. Dans un modèle encore classique, cette entreprise possède un « data center » et les matériels qui gèrent physiquement ces données. La proposition de Louis Naugès est donc de confier cette infrastructure, à des spécialistes, « Web 2.0 » bien sûr, qui pourront vous rendre un service meilleur pour un prix très compétitif.


Pour avoir visiter des centres de données de grandes sociétés du CAC 40, pour avoir visiter des centres de données d'hébergeurs reconnus, je ne vois pas de différences de qualité flagrantes. De toutes façons, je ne vois pas quelles économies d'échelle, un hébergeur pourrait apporter à cette société du CAC 40 qui possède des centaines de serveurs et déjà plusieurs To de données. Les salles informatiques sont présentes, les équipes d'exploitation sont compétentes et ont l'avantage de faire partie de l'entreprise. Elles sont donc plus proches du métier de base de cette entreprise.


Un hébergeur ne pourra que reprendre, tel quel, cet environnement. Les serveurs seront les mêmes, les unités de stockage de données également. Il n'y a pas de partage de ressources possible pour ce type d'entreprise. Où seront donc les gains financiers si ce n'est dans une délocalisation des équipements dans des pays à moindre coût d'infrastructure. Nous arrivons donc à la question qui peut paraître triviale à l'heure de la mondialisation et d'un monde supposé globalement virtuel: Où sont physiquement mes données?


Est-ce donc important pour un utilisateur travaillant à La Défense que les serveurs et les baies de disques soient au sous-sol de la tour, dans la banlieue parisienne, à Montpellier ou à Mumbay (Bombay)? La réponse technique est non. Ca n'a aucune importance, la question n'est pas là.


Le Web a été conçu pour être vraiment incassable, en ce sens qu'il est si fortement répliqué qu'une attaque sur l'un de ses éléments est, par construction, facilement réparable par des composants et des chemins de secours redondants. La localisation des équipements réseau servant le Web n'a donc pas beaucoup d'importance. En ce qui concerne les données, il n'est pas si simple de les répliquer à volonté. Pour l'instant, les technologies ne permettent pas mieux que la sécurisation d'un site primaire, avec quelques moyens techniques de réplication sur quelques unités de sites secondaires. La sécurité du ou des sites primaires reste donc primordiale.


Si donc, je suis DSI de mon entreprise et que l'on m'impose de piloter ma direction par les coûts, je ferais le bon choix en confiant mon infrastructure et l'exploitation de mon informatique à un prestataire. Celui-ci devra également faire des choix économiques pour gagner de l'argent sur ce contrat.


Deux cas se présentent:


Pour les petites entreprises ou les startups, on a en effet tout intérêt à étudier un service tel que le Simple Storage Service d'Amazon. On profite alors de prix au Go bien plus intéressant, pour une qualité de services probablement meilleure, que ce que l'on pourrait obtenir par soi-même. L'avantage compétitif est tout simplement due à la mutualisation des moyens techniques qui seront partagés par les clients de ce service. La question de la confidentialité des données n'en est plus une, et les architectures Multi-Tenant du genre SalesForce n'ont plus rien à démontrer de ce point de vue.


Si je m'appelle Renault ou Airbus, la question se pose différemment. Mon fournisseur ne pourra pas me faire bénéficier d'économies d'échelle, car j'utilise déjà les mêmes technologies haut de gamme que lui. Si ce fournisseur est capable de me faire une offre plus économique que ma propre infrastructure, c'est donc qu'il est plus efficace que moi sur les mêmes infrastructures. Pour cela, ce fournisseur peut jouer sur deux facteurs:


Les coûts salariaux, peut-être par une meilleure efficacité des équipes, mais surtout par des contraintes moindres en terme de convention collective et de salaires bruts.


Les coûts d'infrastructure en terme de m², et de kilowatt.


Où trouver aujourd'hui la combinaison de ces faibles coûts avec les compétences suffisantes pour gérer une infrastructure technique, si ce n'est en Asie du Sud Est ou dans la péninsule indienne.

Faut-il avoir peur des délocalisations?

Jean-Baptiste Rudelle rappelle que « lorsqu’on délocalise la production de chaussures en Chine, on ne transfert que 4% de la valeur du produit. Tant que les délocalisations ne concerneront que la production, l’impact (à supposer qu’il soit négatif) sur notre économie de services restera somme toute assez marginal » La logique économique d'un service comme ce « Simple Storage Service » aboutit également à délocaliser la production informatique vers ces pays à moindre coûts.


Chacun sait qu'une bonne part des développements logiciels sont réalisés dans la région de Bangalore. On sait déjà moins que certains contrats d'outsourcing ont abouti à confier l'administration technique SAP à des équipes indiennes basées à Mumbay (Bombay).

L'étape suivante serait donc de déménager physiquement les données. C'est le modèle que prône Louis Naugès.


La donnée est notre seule matière première

Ma crainte à l'égard de ce déménagement annoncé et conseillé n'est pas une réticence par rapport à un modèle d'architecture qui se défend très bien. Je me place d'un point de vue de la préservation des intérêts stratégiques, voire militaire d'un pays comme la France. A l'heure de la mondialisation, la question du contrôle des matières premières n'a sûrement pas perdu de son importance. Notre économie de services ne saurait pourtant se passer de pétrole, de gaz, ou de minerai de fer. Chacun pourra constater que les US ne plaisantent pas avec ce genre d'approvisionnement et que la « vieille » industrie garde tout son poids dans les décisions prises à Washington.


En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées, et on a des données. C'est même notre seule matière première. Délocaliser les données d'Airbus, en Inde ou ailleurs, sous le contrôle politique d'un gouvernement qui n'est pas le nôtre me paraît bien risqué. C'est donner à un gouvernement ami aujourd'hui, un moyen de pression qu'il pourrait être tenté d'utiliser dans d'autres circonstances. Les états n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts. C'est aussi se mettre à la merci de groupes terroristes dans des régions peu stables, ou en tout état de cause nous ne pourrions intervenir directement.


Toutes ces questions sont-elles oiseuses? On peut me répondre qu'à l'heure de la mondialisation, la localisation des centres de production n'a plus aucune importance, et que ce mouvement est de toutes façons irréversible. Je constate aussi que la Russie a une politique du gaz, et que les US affiche spectaculairement leur intérêt pour leur approvisionnement pétrolier. A-t-on seulement réfléchi en terme stratégique à la valeur de notre seule matière première que constitue la donnée informatique?

 

Confier ses données à un tiers, pourquoi pas, et les réponses techniques sont intéressantes. La sécurité des données dans ce sens tout à fait traditionnel et militaire du terme doit aussi, et peut-être même surtout, faire partie des critères de décision.

23/10/2006

Avec Google devenez STAR(ac) au Japon

Comme l'a remarqué Cedric, les bloggeurs sont des moutons.

Je me fais donc un devoir de rejoindre le troupeau de ce sympathique animal à poil laineux. Voici, enfin, ma contribution aux milliards de commentaires sur la mégafusion du siècle, le rachat de YouTube par Google.

On n'admirera jamais assez la capacité de Google à monétiser ses applications. Cela n'a pas tardé depuis les 1,6 milliards dépensés à l'occasion de ce rachat.

Les bannières publicitaires ont vite fleuri sur le site préféré des ados.

Voici un bel exemple de publicité contextuelle particulièrement réussie. On admirera la bannière japonaise destinée aux fans asiatiques de la starac6.

Eh oui, si Marina et Patxi n'ont pas le succès qu'ils méritent en France, qu'ils ne s'inquiètent pas. Grâce à Google ils sont déjà stars au Japon.



13:35 Publié dans Google, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0)

21/10/2006

Mon PC dans une clé USB

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je trouve de plus en plus idiot de transporter son PC dont on dit qu'il est «  portable ». Chaque jour, je vais voir mes clients. J'emmène mon savoir et mes documentations dans mon « portable ». Il sert aussi pour me connecter sur le système d'informations de mes clients.Un PC « portable », c'est lourd, il faut le surveiller contre les vols éventuels, et ça reste cher. Il serait tellement plus simple de se déplacer avec un équipement véritablement léger, permettant de s'identifier et de retrouver son environnement familier. On se connecte alors sur un équipement banalisé, chez mon client, dans ma famille ou dans tout autre endroit, et je retrouve mon environnement complet.Tout cela existe depuis longtemps chez Sun sous le nom de SunRay



Il suffit d'insérer sa « javacard » pour être reconnu par le serveur. Celui-ci vous envoie la dernière session en cours.

J'ai quitté mon bureau de Vélizy. Je me reconnecte à Lille et je retrouve ma session dans l'état où je l'avais quitté quelques heures auparavant.

Malheureusement, cette solution n'a pas connu le succès qu'elle mérite. Il est vrai qu'il faut gérer un environnement « Microsoft Free » qui peut dérouter certains utilisateurs.




Dans le monde plus traditionnel du PC, on voie de plus en plus de logiciels embarqués sur une clé USB.

Le concept est un peu différent. Quand on se connecte à une SunRay, la javacard contient uniquement des informations d'identité et de sécurité. Il n'y a pas de logiciels embarqués, tout est sur le serveur.

La clé USB, stocke de l'information et du logiciel. La norme U3 a pour ambition d'utiliser les clés USB pour transporter tout un environnement PC.

Pour l'instant on n'embarque que des applications spécifiques comme StarOffice. C'est un début. Quant à moi, je continue de rêver, d'un PC vraiment transportable, sur une clé USB, ou sur tout autre dispositif permettant d'emmener un environnement complet:

Operating System + mon identification + mes applications favorites me permettant de retrouver mon environnement sans avoir à transporter ce PC. Mon PC, ce serait ma clé USB. Je l'emmène partout, je la connecte sur un PC banalisé et je retrouve mon environnement de travail complet.


Aujourd'hui, on stocke l'information sur un « Personnal Computer » qui coûte très cher à l'achat, qui coûte très cher en licences. Ce modèle a eu son intérêt dans un monde où le réseau n'était qu'une interface comme les autres. Maintenant, il est clair que ce modèle est en train de basculer vers de nouvelles pratiques basées sur une mobilité sans contraintes.


La norme U3 a l'air de tenir la corde ainsi que la suite de logiciels Framakey. J'espère donc que dans un avenir proche, l'on puisse se fournir d'une clé de ce type contenant un environnent complet avec le système d'exploitation de son choix (N'importe quel Windows Linux ou Solaris). Je ne vois pas qu'il y ait d'obstacle technique à stocker sur une clé USB ce qui est aujourd'hui sur le disque dur du PC.


Ah! j'oubliais les questions de licences!!!





17/10/2006

La fusée SalesForce

Premier étage de la fusée : Architecture Multi-Tenant


Salesforce.com jouit d'un succès impressionnant dans le monde du SAAS (Software As A Service). Le tableau ci-dessous venant du journal du Net montre qu'ils atteignent des chiffres comparables aux grands du secteur, les SAP, Oracle et Siebel (maintenant dans le même giron).



Les éditeurs de progiciels CRM dans le monde en 2005
(en millions de dollars)

Acteur

CA 2005

PdM 2005

CA 2004

PdM 2004

Evolution

SAP

1 474,7

25,9%

1 232,8

24,6%

+19,6%

Siebel

966,1

17,0%

908,3

18,1%

+6,4%

Oracle

367,5

6,4%

416,2

8,3%

-11,7%

Salesforce.com

280,7

4,9%

158,0

3,2%

+77,7%

Amdocs

276,4

4,9%

225,9

4,5%

+22,3%

Autres

2 332,6

40,9%

2 071,7

41,3%

+12,6%

Total

5 698,0

100,0%

5 012,8

100,0%

+13,7%



Son modèle d'architecture Multi-Tenant correspond bien aux besoins de sa clientèle PME. Cette architecture se caractérise par un partage des ressources matérielles et logicielles suivant différents modèles:

Hébergement partagé

  • On partage juste l'hébergement, les m² et les Kilowatts. En dehors de ça, mon application est autonome sur son ou ses serveurs.

Partage de serveurs et de disques

  • On partage le serveur et ses ressources CPU mémoire, mais mon application est autonome sur ce serveur. Autrement dit, mes données ne sont pas mélangées avec celles de mon voisin. Je suis dans ma base de données avec mon applicatif. Je ne partage qu'un serveur et son Operating System, ainsi que des moyens de stockage

Partage de l'instance logicielle

  • On partage tout, y compris l'applicatif et la base de données. Mes données sont dans les mêmes tables que celles de mon voisin; c'est l'applicatif qui me donne l'accès à mes données en masquant celles de mon concurrent.

  • Suivant les modèles logiciels, on peut configurer l'isolation des données par des systèmes de schémas ou par des mécanismes de filtre, ne permettant l'accès qu'à ses propres données. Dans un contexte différent, SAP permet, depuis longtemps, ce type de filtrage, par son système de mandant, qui rajoute automatiquement une clause « where » à tous les accès à la base de données.

    Si vous codez un « SELECT truc FROM machin » le runtime ABAP rajoutera automatiquement un « WHERE MANDT=<mon client de connexion> »

C'est évidemment ce dernier type de partage qui est le plus intéressant. Si l'application est bien architecturée, on peut bénéficier d'économies d'échelle importantes.

  • Des équipements dédiés sont dimensionnés pour pouvoir supporter des pics de charge. Ils sont rarement utilisés à plus de 15 à 20% en fonctionnement nominal.

  • A l'inverse, le partage de pool de serveurs et de stockage permet de lisser ces pics de charge entre les différents « tenants » (les différents « locataires »).

  • Si en plus, tout le monde partage le même code, la scalabilité devient maximale.

 



Salesforce.com a donc trouvé un bon modèle logiciel et économique qui permet d'exploiter cette désormais fameuse «Long Tail ». Le coût global d'un SAP ou d'un Oracle est souvent trop élevé pour un marché de petites PME.

 




Il reste alors un marché que ces gros éditeurs ne peuvent atteindre. Si je le baisse le coût unitaire, je peux attaquer ce marché. C'est le marché de Salesforce.com et de ses concurrents : NetSuite, ou SugarCRM.






Si Salesforce.com peut attaquer ce marché, c'est bien que cette architecture Multi-Tenant permet des économies d'échelle importantes, au niveau de la fourniture et de l'exploitation des infrastructures matérielles. Les coûts de projet sont également réduits par rapport à la mise en oeuvre d'un gros ERP comme SAP.

Tout ça paraît trop facile, et si les coûts sont faibles, c'est aussi que la palette fonctionnelle de SalesForce est loin de la richesse, donc de la complexité, et donc du coût d'un SAP ou d'un Siebel.

Deuxième étage : une place de marché logicielle



SalesForce a démarré en tant que fournisseur de solutions CRM, et parmi celles-ci les plus simples à mettre en oeuvre, c'est dire l'automatisation des forces de vente.

Avec sa plate-forme APPExchange, il a inventé et réussi à promouvoir un nouveau modèle. Cela représenterait 500 000 souscripteurs et 400 applications. C'est une place de marché logicielle, où l'on peut souscrire à des applications écrites par SalesForce ou ses partenaires. Il suffit donc de faire son marché dans le catalogue en ligne, de tester, et d'installer l'application de son choix.

DreamTeam est un exemple de ce type d'application. Elle permet le partage de projets, de calendriers et de documents. L'application est hébergée dans l'infrastructure de SalesForce. Elle est compatible avec Microsoft Project et Outlook.

Les conditions de prix sont disponibles sur le site:

« DreamTeam is free for individual use, $10 per user month for the Professional Edition, and $35 per user month for the Enterprise Edition.

Please contact us for more information.
Email:
dreamteam@dreamfactory.com
Phone: 1-888-399-DREAM (3732)

Pricing is also available at http://www.dreamfactory.com/dreamteam/ »






Certains contestent ces chiffres, ou en tous cas s'interrogent sur la qualité de ces applications:

« If we look at this “ecosystem” of 350+ applications, what is the breakdown? What might a stricter taxonomy look like? I recently compiled a list of these 350+ applications (I came up with 343, but I may have missed 8+) to do a little investigation. I found some wonderful tidbits of information. Did you know that at the time I retrieved the data (week of October 2, 2006)…

  • 24% of all listed applications were built by Salesforce.com rather than by partner vendors

  • that 6 out of the 8 (that’s right, 75%) “Most Popular” applications are apps built by Salesforce.com and that are free.

  • many of these apps extend the Salesforce.com main application functionality in ways that would traditionally classify the said “app” as a “plug-in” (Seriously, would anyone classify Clippy or the Microsoft Equation Editor as applications, or analogously would you buy a “song” on iTunes that was a Snare Drum Loop?) »



Troisième étage : le lancement d'Apex

L'annonce d'Apex la semaine dernière est le troisième étage de la fusée. La plate-forme Appexchange est maintenant ouverte à tous ceux qui souhaitent développer, avec le langage Apex déjà utilisé par SalesForce et ses partenaires.

SalesForce met à disposition son infrastructure technique et logicielle, chacun peut y développer ses propres applications dans ce langage. SAP a senti le danger et commence à sortir les canons. Je ne suis pas sûr que leur comparaison avec les autres langages (ABAP, PL/SQL ou PeopleCode) soit le vrai sujet. Les connaisseurs apprécieront ici la présentation technique de ce mélange de Java et d'appels SQL.

A l'évidence, personne n'a besoin d'un langage applicatif de plus, et cet Apex n'a rien de particulièrement renversant. Les difficultés que SAP ne manque pas de souligner par rapport à sa propre expérience sont tout à fait réelles. Il est probable que SalesForce sous-estime volontairement?, la marche entre son jeu d'applications actuelles et la mise à disposition d'un ERP complet. Mais l'attaque de SAP est hors sujet.

La nouveauté n'est pas là, mais bien dans cette initiative, qui tente de créer un écosystème, en invitant ses utilisateurs à créer de la valeur et à la déposer sur son site, pour les mettre à disposition de la communauté. Voilà qui est très tendance, et furieusement Web 2.0.

Il ne s'agit plus de partager des vidéos ou des photos de famille. On ne se contente plus de quelques commentaires sur tel film ou tel livre. SalesForce veut créer une communauté du même type pour les applications business. Par la même occasion, il part le premier pour établir un nouveau standard d'ERP sur le Web.

Le moins que l'on puisse dire est que le lancement est réussi. Les partenaires comme les concurrents (SAP en tête) ont bien senti qu'il se passait quelque chose de radicalement nouveau sur le marché de l'ERP et peut-être même de l'industrie du logiciel.

Cela fait longtemps que certains prévoient la venue de l'Utility Computing, consistant à se brancher sur une puissance informatique sur le réseau. On voyait bien le rôle des constructeurs, des éditeurs et des hébergeurs dans ce modèle. On n'avait sûrement pas prévu le rôle tout à fait majeur que prendront les utilisateurs dans la création et la diffusion de l'intelligence applicative.

Le PDG de SalesForce, Marc Benioff, n'oublie pas de faire du business (il faut quand même payer 10 000 dollars pour faire certifier une application par SalesForce). Sa personnalité tonitruante, et la capacité de SalesForce à exécuter cette stratégie impeccable ont créé les conditions nécessaires pour que d'autres s'engouffrent dans ce qui apparaît déjà comme un un nouvel âge.

10/10/2006

Le prix de l'information

Il y a des jours où les télescopages de l'actualité créent des rapprochements qui rendent songeur.

J'écoutais ce 10 octobre les matins de France Culture qui recevaient Pierre Louette, le PDG de l'agence France Presse. Il se trouve que Pierre Louette connait bien le monde Internet pour avoir lancé l'agence Connectword. Il était intéressant (entre autres) de connaître son point de vue sur la valeur de l'information. Comme on le sait, différentes affaires sont en cours entre Google et la presse belge, ainsi qu'avec l'agence France Presse elle-même, à propos de la rétribution de l'information mise à disposition sur Google News.

Yahoo a adopté une politique différente et est client de l'AFP, comme n'importe quel organisme de presse.

Sans rentrer dans le coeur du problème juridique en cours, Pierre Louette s'est contenté de rappeler que l'agence France Presse fournissait de l'information 24h/24, tout autour de la planète,en six langues. Cette information est recueillie, validée et recoupée par des HOMMES qui ont des salaires, des bureaux et qui prennent parfois de grands risques pour des dépêches semi-anonymes (signées par les initiales de l'agencier). Autrement dit cette information a un PRIX et une VALEUR.

C'est ce même jour où l'on enterre Anna Politkovskaia .




Elle connaissait, elle, le prix et la VALEUR de l'information; ses ennemis aussi.

C'est ce même jour que la GRANDE NOUVELLE est tombée. Le rachat de YouTube par Google, où comment devenir milliardaire en 1 an. Voilà une information (gratuite) qui va créer des milliards de commentaires. Je n'ai juste pas envie d'en rajouter un. Fred Cavazza a encore plus raison aujourd'hui, qu'hier.


08/10/2006

Revel et Aron

"Pour Jean-François Revel "

C'est le titre du livre que Pierre Boncenne consacre à l'un de mes maîtres. Angelo Rinaldi lui consacre un bel article dans Marianne. J'ai lu Jean-François Revel pendant ses années à l'Express. Le journal qu'il fit lorsqu'il en était le directeur n'a jamais été égalé. C'était à la fin des années Giscard, et donc la fin des années 70. Le quatuor d'éditorialistes était formé par lui-même, Raymond Aron, Max Gallo et Olivier Todd. Je ne crois pas que l'on ait jamais retrouvé une telle force de frappe intellectuelle et journalistique depuis ces années 70 à l'Express.

Revel et Aron



On a souvent comparé le rôle respectif de Jean-François Revel et de Raymond Aron. Leurs livres de mémoire respectifs les révèlent bien. Leur parcours sont presque identiques. Normale Supérieure et l'agrégation de Philosophie. Jean-François Revel est un un bien meilleur écrivain. Revel raconte la préparation au concours d'entrée, et comment, il lui a fallu "s'immerger dans Homère, s'en imprégner, le pratiquer de longues heures d'affilée au point de l'intérioriser jusqu'à la métempsychose". Aron préparât aussi ce concours, il ne dit rien de ses efforts. Peut-être n'en fit-il pas. Tout au long de l'écriture  de ses mémoires , un pavé de plus de 800 pages, Aron accomplit l'exploit de ne jamais parler de lui-même. On saura tout sur ses articles, ses livres, les combats intellectuels courageux qu'il aura mené. Rien sur lui-même. Et pourtant, quand il se laisse aller, il peut très bien nous toucher. Ainsi, pour décrire la fin des années 30 et l'avant-guerre, qui furent aussi les premières années de son mariage, il trouve cette formule : "Bonheur de l'homme et désespoir du citoyen". Aron est assez discret sur ses années de guerre qu'il a passé pour la plus grande partie à Londres. Qui d'autre que Raymond Aron pouvait lire « Sein und Zeit », en version originale, en Angleterre pendant l'été 1940? Il écrivait aussi dans « La France Libre » qui n'était certes pas l'organe officiel du Général de Gaulle, mais plutôt l'expression de Français qui n'acceptaient pas le Pétainisme tout en se méfiant du Général. Aron comme Revel n'ont pas été gaullistes. Le romantisme, et la vision de l'histoire comme épopée, du Général, leur échappaient complètement.

 

Kant est-il poète?

Mes années scolaires et universitaires furent un désert. Il n'y a aucun professeur dont je puisse me souvenir et qui m'ait appris quelque chose. Je me considère comme un autodidacte. Revel et Aron furent donc mes  profs. Aron raconte qu'il passât une année entière à Normale Sup à lire et méditer les 3 critiques de Kant. Une fois cette épreuve passée, pendant longtemps il mesurait la difficulté d'un livre, par comparaison avec La critique de la raison pure. Qu'un esprit aussi aiguisé, et qui prouvât son génie par la suite, ait pu autant peiné à la lecture de ce monument m'a donné le courage de m'y attaquer. Je suis assez fier de pouvoir dire que je le finirai bientôt. Non, je n'ajouterai pas ici un commentaire supplémentaire à cette oeuvre. Je veux seulement témoigner, moi aussi, que rien ne vaut la lecture de  l'original, et que tous les commentaires du monde ne remplacent pas cet effort, de faire les choses, et de penser, par soi-même.

On ne peut pas dire que Kant ait cherché à aérer sa démonstration par des images ou des comparaisons. Le sujet ne s'y prête pas, à chercher les conditions "a priori" de notre savoir. Et pourtant, lui aussi, quand il veut, peut être poète comme ce célèbre passage de la colombe:

« La colombe légère, lorsque, dans son libre vol, elle fend l’air dont elle sent la résistance, pourrait s’imaginer qu’elle réussirait bien mieux encore dans le vide. C’est justement ainsi que Platon quitta le monde sensible parce que ce monde oppose à l’entendement trop d’obstacles divers, et se risqua au-delà de ce monde, sur les ailes des idées, dans le vide de l’entendement pur. "

Cette métaphore de la colombe, et le bonheur de l'homme Raymond Aron, auraient pu figurer dans "Une anthologie de la poésie française" que fit paraître Jean-François Revel. Ils n'y sont pas. Cela n'aurait pas fait peur à Jean-François qui se moquait bien des conformismes. Dans cette anthologie, pas d'Aragon ni de Claudel. On ne s'en plaindra pas. Pas de Corneille, je le déplore.

Revel écrivit aussi un « Sur Proust » qui ne m'a toujours pas convaincu de l'intérêt de cet écrivain. Je tente, sans conviction, de m'intéresser périodiquement aux aventures des duchesses du Boulevatrd Saint Germain. J'ai le regret d'affirmer que leurs états d'âme me sont totalement indifférents.

De Revel à René Char

En tous cas, avec d'autres, et dans cette anthologie de la poésie française, Revel me fit découvrir René Char et « La lettre hors commerce » adressée à André Breton, avec cette phrase :"Que l'homme se débrouille avec les nombres que les dés lui ont consentis". Pour se débrouiller, René Char nous affirme que "N'étant jamais définitivement modelé, l'homme est receleur de son contraire" . N'y a t-il pas là des mots d'espoir définitifs, face aux affirmations imbéciles et désespérées qui proclament que tout se joue avant 6 ans.

 

Où l'on rencontre à nouveau Heideggerr

Ainsi donc, Aron lisait « Sein und Zeit », au son des bombardements allemands. Il ne dit pas, dans ses mémoires, ce qu'il en a pensé. Etrangement, René Char et Heidegger se rencontrèrent dans les années 50, par l'intermédiaire de Jean Baufret. Heideggerr cherchait-il un certificat d'anti-nazisme auprès du résistant René Char? Ils partageaient l'admiration des anciens grecs et des pré-socratiques, en particulier d'Héraclite. L'un comme l'autre cherchait à se dégager de la philosophie classique, jusqu'à la destruction de celle-ci.  La destruction étant à prendre ici au sens de Char : « Si tu détruis, que ce soit avec des outils nuptiaux ».

 

Revel, lui, « fut l'un des premiers à flairer le fumet de nazisme s'élevant du brouet heideggérien». Je n'ai pas suffisamment d'éléments pour trancher sur la polémique concernant Heidegger et sa complicité, voire plus, avec le nazisme. Pour être optimiste, on postulera que, pendant ces jours de rencontre avec René Char, Heidegger était « receleur de son contraire ».

 


Exercices d'admiration

Revel et Aron ont eu beaucoup plus d'importance que ces quelques souvenirs personnels. Je tenais cependant à inaugurer une rubrique « Exercices d'admiration » dont je dois le titre à Cioran. Ce qu'ils furent pour moi est anecdotique au regard de leur essentielle qualité. Dans les années de plomb du conformisme communiste, ils furent parmi les seuls à oser braver le politiquement correct de l'époque. Au delà de leur talent intellectuel, c'est ce courage que je voudrais célébrer et faire partager en terminant par cette exhortation sans doute un peu plus connue (de René Char encore) « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront. »

 

 


 

03/10/2006

Blogs et Wikis: La CIA aussi!

Une étrange rencontre

En me promenant sur le blog de Francis Pisani, je tombe sur cette étrange nouvelle. La CIA s'intéresse aux technologies de partage de l'information. Quelques stars américaines du Web2.0 ont fait le déplacement. Voici un compte-rendu par un des participants. Ces personnalités du Web n'hésitent pas à rencontrer et à partager des idées avec des analystes de la CIA. Comme le dit l'un d'entre eux (Jay Cross) « Support the Agency. You don’t have to like the people they report to »; ce qu'on pourrait traduire par « Aider la CIA, vous n'êtes pas obligés d'apprécier les personnes qui la commande ».


Cette rencontre est en soi un petit événement. On n'imagine pas la même chose, ici en France. Quoi de commun entre cette culture de l'ouverture et un service secret? Vu d'ici, et sans doute de Californie, tout ce qui ressemble à un organisme gouvernemental, ou pire encore à une centrale de renseignement, ne peut rien avoir à partager avec des personnalités toutes issues de l'open source.

En ce qui me concerne, c'est cette rencontre elle-même et les sujets traités qui m'intéressent. La CIA en tant que telle, et la question de la torture ne sont pas le sujet de cette publication.


L'un des participants à cette rencontre, Eugene Kim explique bien comment les attentats du 11 septembre ont secoué les différentes agences de renseignement. Après un échec aussi catastrophique, il apparaissait vital de repenser leur fonctionnement à la lumière de ces événements et des nouvelles techniques terroristes. En parallèle, l'émergence des blogs et des wikis rend presque naturel l'intérêt de la CIA pour ce type d'outils. Après tout, la plupart des blogs, y compris celui-ci, ne sont que la compilation et de l'assemblage d'informations, avec un brin d'analyse personnelle. On peut également alimenter un wiki, spécialisé dans les questions du renseignement. A la CIA ils ont un wiki nommé Intellipedia. La CIA, dans ses activités de renseignement, n'est que du pur traitement de l'information. A partir de la presse, d'informations collectées par ses agents, de tout ce qui a été récupéré par ses moyens d'écoute, il s'agit de trier, analyser et si possible d'anticiper. Dans le monde de l'informatique, on appellerait cela de la veille technologique, et dans le monde du renseignement, de la veille tout court. A l'évidence, ces deux activités sont très proches sinon semblables. Il n'est donc pas étonnant qu'une agence comme la CIA s'intéresse à nos outils favoris.


On blogue à la CIA

Calvin Andrus est membre de la CIA. Dans cette étude publique, il décrit bien la nécessité pour l'ensemble de la communauté du renseignement de s'adapter et de se ré-inventer sans arrêt face à des menaces de moins en moins prédictibles. Sa démonstration pourrait être reprise mot à mot pour n'importe quelle organisation:

  • Les agents doivent être plus autonomes

  • Ils doivent être experts en échange d'information

  • Ils doivent échanger plus d'informations

  • Ils doivent être à l'écoute du monde extérieur

  • Ils doivent mieux connaître leurs objectifs globaux


Afin d'atteindre ces objectifs, Calvin Andrus recommande une utilisation massive des blogs et Wikis. Son papier date de 2004. Il semblerait qu'il ait été entendu. Le Wiki Intellipedia existe, un certain nombre de blogs sont rédigés (y compris dans les couches dirigeantes). Cette rencontre de fin septembre 2006 montre que l'intérêt ne faiblit pas au sein de l'agence.


Echanges et jeux de pouvoir

Sans être un expert de ces questions, on imagine bien les différents problèmes que l'utilisation de ces outils peut amener.

  • Que peut-on échanger et avec qui?

  • Les résistances culturelles sont probablement encore plus fortes dans ce type d'administration


Pour que les techniques d'échange d'informations atteignent tout leur potentiel, une certaine masse critique doit être atteinte. Différents points de vue et différentes cultures doivent pouvoir dialoguer. Les différentes agences de renseignement devraient donc faire partie d'une même communauté où l'on échangerait rapidement et sans contraintes ses propres informations. Par ailleurs, tout pouvoir politique a besoin de ses services de renseignement, tout en s'en méfiant. Les différents services ne sont jamais regroupés, et l'on tend à les mettre en concurrence et même en position de surveillance réciproque. Aucune autorité politique ne saurait tolérer d'être à la merci d'une seule agence de renseignement qui ne tarderait pas à disposer d'un pouvoir incontrôlable. Il y a là une contradiction de fond qui est encore plus exacerbée dans ce type d'activité que dans une entreprise ordinaire.


Posséder des informations est une source de pouvoir personnel. Partager des informations est une voie vers des sociétés (ou des agences de renseignement) du savoir. On n'en saura sans doute pas beaucoup plus sur l'efficacité des outils Web2.0 au sein de la CIA. Le fait même qu'une entité si marquée par la culture du secret puisse s'y intéresser démontre en tous cas la puissance de ces concepts et des outils associés.