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11/09/2006

Network Computer : Le retour

Pour un ancien de Sun comme moi, la situation actuelle a bien des côtés savoureux. On n'insistera pas sur le slogan fondateur “The Network is the Computer” qui se concrétise sous nos yeux de jour en jour.

Je voudrais revenir sur cette idée de la fin des années 90 lancée à la fois par Larry Elison et Scott McNeally, le Network Computer . Dans leur rage (haine??) commune contre Microsoft, ils crurent trouver l'arme fatale.

  • Pourquoi payer 1000 Euros ou plus un PC dont on n'utilisera que 10% de la puissance

  • Pourquoi engraisser les comptes de MicroSoft avec une suite bureautique dont on n'utilise aussi que 10% des fonctionnalités

  • Pourquoi stocker en local plusieurs dizaines de Go toujours à la merci de la première panne disque, et quasiment jamais sauvegardés.

 

La tentative a fait long feu, faute de logiciels adaptés et surtout d'une bande passante réseau suffisante. L'idée de ce Network Computer reste tout à fait intéressante, mais comme d'habitude, les bonnes idées, pour être acceptées doivent arriver au bon moment, ni trop tôt, ni trop tard.

Est-ce maintenant le bon moment? La bande passante est là (en tous cas pour ceux qui peuvent accéder à l'ADSL), et les outils arrivent. Ils sont déjà là, chez Google évidemment, qui a mis la main sur Writely et développe son propre tableur spreadsheets.google.com.

Le principal intérêt de ces deux outils réside dans la possibilité de collaboration. Il y a là une vraie avancée, par rapport aux pratiques actuelles de jeu de ping-pong par Email, d'envoi et de renvoi du même document modifié à chaque fois, si bien que plus personne ne s'y retrouve.

 

D'un point de vue de l'utilisation personnelle disons-le tout de suite, ces utilitaires ne sont pas au niveau. Je me considère comme un utilisateur lambda de ce type d'outil, mais néanmoins j'utilise au quotidien des fonctionnalités comme:

  • Des titres et des sous-titres numérotés (1, 1.1, 1.1.1)

  • Quelques styles de paragraphes

  • Génération de table des matières

Je ne retrouve rien de tout cela sous Writely qui s'apparente à un Notepad sur le réseau. Je ne doute pas qu'il soit possible techniquement d'amener un peu plus de fonctionnalités dans ces outils. Pour le moment, je constate peu d'investissements réels.

Une fois encore, Nicholas Carr, dans cet article émet une hypothèse que je partage. Google ne fera pas l'erreur de trop de précédents rivaux de Microsoft. Il n'ira pas se battre sur un terrain archi-dominé par le géant de Redmond. Pour l'instant, il pose ses pions avec un outil sur le réseau qui permet de charger et de sauvegarder aux formats Office de MicroSoft et de Open-StarOffice.

 

Au delà d'une bataille qui n'aura sans doute pas lieu, la vraie question réside dans la localisation des données.

Pour l'instant, les utilisateurs personnels n'hésitent pas à confier leur données personnelles à MySpace, DailyMotion ou Flickr , pour ne citer que les plus connus. Jusqu'à quel degré d'intimité cela va-t-il, personne n'en sait rien. Toujours Scott McNeally dès 1999: “You already have zero privacy. Get over it".

 

En ce qui concerne les données de l'entreprise, les données commerciales ne sont pas près de basculer. L'excellent Louis Naugès a signalé l'initiative CleverSafe. Il termine son analyse par cette affirmation : Savoir que données, textes, voix et multimédia peuvent être stockées sur Internet ou sur un Intranet distribué, avec la meilleure garantie possible en termes de sécurité ne peut qu’accélérer le basculement vers des solutions Web 2.0. Et de conclure que cela deviendra très vite la solution la plus sécurisée du marché. D'un point de vue purement technique, il est possible que des solutions de ce type atteignent des niveaux de service comparables à des solutions purement locales.


Et alors? Si je suis le DSI de Renault, ou d'Airbus, aurais-je la candeur de déposer mes données industrielles sur un site dont je ne peux pas garantir personnellement la confidentialité. Je veux bien croire à la bonne volonté du fondateur Chris Gladwin.

Il n'en reste pas moins :

  • que tout algorithme est fait pour être craqué,

  • que la compétition existe encore,

  • que les enjeux industriels et financiers sont trop importants

  • et que le contrôle physique des données reste encore la meilleure garantie contre la curiosité des concurrents.

 

Rien de stratégique, ni de confidentiel ne transite par Mail ou par téléphone, crypté ou non, 2.0 ou plus.

Les données stratégiques resteront, avec raison, sous le contrôle local de ceux qui les possèdent et qui en sont responsables.

 

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